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Tunisie: grève générale dans une ville proche de la frontière libyenne

Les habitants de Ben Guerdane, une ville du sud-est de la Tunisie proche de la frontière libyenne, observaient lundi une grève générale pour protester contre la fermeture d'un poste frontalier et réclamer davantage d'investissements dans leur région.

Administrations, écoles, lycées et commerces étaient fermés, a rapporté un correspondant de l'AFP sur place. Seuls l'hôpital de la ville ainsi que des pharmacies et boulangeries étaient ouverts.

La ville vit du commerce, formel et informel, avec la Libye, et la contrebande de carburant libyen vers la Tunisie y est particulièrement importante.

Depuis trois semaines, le poste-frontière voisin de Ras Jedir est fermé "en attendant de prendre les mesures nécessaires pour l'organisation du trafic", selon les récentes conclusions d'une commission.

Mais les habitants de Ben Guerdane réclament sa réouverture et demandent que leur ville ait "sa part" dans les projets de développement.

"Il s'agit d'une grève ouverte, d'une réaction au silence du gouvernement", a dit à l'AFP Mohsen Licheheb, un responsable syndical.

"Pas de politique ni de partis, notre revendication c'est le développement", ont scandé des manifestants dans le centre-ville, où une tente a été installée.

Le Premier ministre Mehdi Jomaa s'était rendu début mars dans la région pour s'enquérir en particulier "des efforts en vue de contrôler la situation sécuritaire (...) et de lutter contre la contrebande".

En novembre, dans un rapport intitulé "La Tunisie des frontières: jihad et contrebande", l'organisation International Crisis Group (ICG) avait évoqué "l'augmentation inquiétante du trafic transfrontalier" après le soulèvement de 2010-2011, en mettant en garde contre "l'introduction sur le territoire national de produits dangereux et rentables (stupéfiants et armes à feu)".

ICG avait appelé les autorités tunisiennes à prendre "des mesures socioéconomiques et sécuritaires pour réduire la porosité des frontières" et à envisager la "création de zones de libre-échange dans les régions frontalières".

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