NOUVELLES
31/03/2014 07:46 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Nigeria: les autorités tentent d'expliquer la mort de 21 détenus dans une tentative d'évasion

Les services de renseignement nigérians ont tenté d'expliquer lundi le contexte dans lequel vingt-et-un détenus ont été tués au cours d'une tentative d'évasion dans la capitale Abuja, alors qu'un seul des suspects étaient armés et que de nombreuses questions subsistent.

Les prisonniers, qui pourraient être des militants du groupe islamiste Boko Haram, sont morts dimanche après qu'un des détenus a réussi à s'emparer de l'arme d'un des gardes du quartier général des services de renseignements intérieurs (DSS) à Abuja, où ils se trouvaient.

On ignore toujours pour quelles raisons les suspects étaient détenus et ce qui a poussé exactement à les abattre.

Dans un entretien diffusé lundi matin par la radio nigériane Raypower, la porte-parole du DSS (Département des Services de l'Etat), Marilyn Ogar, a confirmé que "les vingt-et-un (détenus) on été tués (...) par des employés du DSS".

"Une enquête est en cours. Nous allons déterminer qui a tué qui à quel moment, et combien de personnes ont été tuées par qui, et pour quelles raisons" a-t-elle promis.

Selon Mme Ogar, l'arme qui a été dérobée par un des suspects contenait plus de 90 balles réelles, et elle a été utilisée de façon sporadique.

Les coups de feux entendus pendant plusieurs heures autour du quartier général du DSS avaient pour but de dissuader d'éventuels alliés des détenus à l'extérieur, a précisé Mme Ogar.

La présidence nigériane a tenté de dédramatiser l'incident, survenu à proximité de la résidence du président, mais la version officielle des événements a été remise en cause par de nombreux médias nigérians lundi.

Un article paru sur le site du Premium Times, très lu au Nigeria, se demande pourquoi de tels moyens ont été déployés pour maîtriser un seul détenu armé.

L'aveu d'une faille dans le système de sécurité des quartiers généraux du DSS serait très embarrassant pour les autorités nigérianes, d'autant plus si la tentative d'évasion de dimanche impliquait Boko Haram.

L'armée nigériane ne parvient pas à mettre fin à l'insurrection du groupe extrémiste, qui dure depuis 2009.

Selon un rapport d'Amnesty International paru lundi, plus de 1.500 personnes ont déjà été tuées cette année dans le nord-est du pays alors que le conflit entre l'armée et les islamistes a gagné en intensité.

L'ONG affirme notamment que quelques 600 membres présumés de Boko Haram ont été exécutés de façon sommaire suite à l'assaut, le 14 mars, de la caserne militaire de Giwa dans la capitale de l'état de Borno, Maiduguri.

phz/bs/cdc/hba