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Moscou veut développer la Crimée

Le premier ministre russe, Dimitri Medvedev, a profité de son premier passage en Crimée depuis l'annexion par la Russie de l'ancienne province ukrainienne pour annoncer des investissements pour améliorer la qualité de vie de ses habitants.

M. Medvedev a indiqué que le salaire et les régimes de retraite de quelque 140 000 travailleurs seraient bonifiés. Moscou prévoit également des investissements en éducation, en santé et dans les infrastructures.

M. Medvedev prévoit aussi utiliser des mesures fiscales alléchantes pour attirer des investissements et des entreprises dans la région en plus de la transformer la péninsule en une région touristique. La Russie entend favoriser les déplacements vers la région en tentant de rendre les déplacements aériens abordables pour encourager sa population à se rendre en Crimée. « Nous devons créer une nouvelle ambiance d'investissements en Crimée, qui connaîtra plus de succès que dans le passé », a-t-il lancé.

Moscou a même mis sur pied un ministère spécial pour superviser le développement de la Crimée. « Les gens de la Crimée ne doivent rien perdre après s'être joints à la Russie », a déclaré le premier ministre russe à la télévision locale. « Ils doivent seulement réaliser des gains. Les gens s'attendent à ce que nous créions les conditions pour une vie calme et respectable, la confiance envers le lendemain, le sentiment d'appartenir à un pays fort. Nous devons nous acquitter de ces attentes. »

La réintégration de la Crimée au sein de la Russie entraîne également le retour de la nécessité d'obtenir un visa pour y entrer. « Dans le cadre de la réintégration de la Crimée et de la ville de Sébastopol dans la Fédération russe, les ressortissants étrangers devront obtenir un visa russe pour visiter la Crimée dans l'une des missions diplomatiques ou postes consulaires de la Fédération de Russie », a déclaré le ministère par voie de communiqué.

Les voyageurs n'avaient auparavant besoin d'aucun visa sous le régime ukrainien.

Moscou prévoit assurer la stabilité de l'alimentation énergétique de la Crimée qui dépend de l'Ukraine - dans une proportion de 80 % - pour son approvisionnement en électricité. Des pannes survenues la semaine dernière en Crimée font craindre que l'Ukraine utilise l'énergie pour négocier avec la Russie.

M. Medvedev a promis que le Kremlin s'attaquera rapidement à ce problème.

Moscou a voté, à l'unanimité, l'annulation des rabais sur le gaz naturel consentit à l'Ukraine pour le maintien d'une flotte russe dans les eaux ukrainiennes. Le retour de la Crimée dans le giron russe rend cette entente caduque.

La Russie a arraché la Crimée à l'Ukraine, le 16 mars dernier, au terme d'un référendum organisé à la hâte. L'Ukraine et l'Occident ont rejeté les résultats de ce référendum et l'annexion de la Crimée. L'Ukraine a d'ailleurs protesté officiellement contre la visite de M. Medvedev en Crimée indiquant que « la visite d'un représentant officiel sur le territoire d'un autre État sans accord préalable est une grossière violation des règlements de la communauté internationale ».

La Crimée était rattachée à l'Ukraine depuis la cession du territoire par l'URSS, en 1954, sous l'égide du dirigeant Nikita Khrouchtchev, lui-même ukrainien. Depuis le rattachement à la Russie, la Crimée est passée à l'heure russe, les citoyens reçoivent des passeports russes et une majorité de commerces utilisent le rouble plutôt que la monnaie ukrainienne.

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