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31/03/2014 07:36 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Matraques électriques contre manifestants réclamant une télévision indépendante au Cambodge

La police anti-émeute cambodgienne a utilisé lundi des matraques électriques pour disperser des manifestants qui réclamaient une licence pour une chaîne de télévision indépendante.

Une centaine de manifestants réunis dans un parc, malgré l'interdiction de leur manifestation, ont essuyé des coups de la police, venue en masse, selon des témoins et des ONG de défense des droits de l'Homme.

Au moins deux manifestants ont été blessés, l'un par un coup de matraque sur la tête, l'autre ayant reçu un coup dans l'oeil, a raconté Am Sam Ath, de l'ONG Licadho.

"Une presse libre et indépendante est vitale dans une démocratie. mais le gouvernement cambodgien semble déterminé à continuer à contrôler étroitement l'information", a critiqué l'ONG ADHOC dans un communiqué.

Les manifestants s'étaient réunis pour soutenir Mam Sonando, propriétaire d'une radio indépendante voulant créer une chaîne de télévision, alors que le Cambodge est accusé de n'en octroyer qu'aux médias pro-gouvernement.

Une manifestation pour la même cause avait été également réprimée fin janvier.

Le Franco-Cambodgien Sonando, farouche adversaire du gouvernement du Premier ministre Hun Sen, s'est vu refuser plusieurs fois l'attribution d'une licence, au motif qu'aucune fréquence n'était disponible.

Il avait été condamné en 2012 à 20 ans de prison pour insurrection et incitation à l'usage d'armes contre l'Etat. Et avait finalement été libéré après huit mois de prison l'an dernier.

Début janvier, la police avait ouvert le feu sur un rassemblement d'ouvriers du textile en grève pour réclamer de meilleurs salaires, tuant au moins quatre personnes.

L'ambiance politique est tendue au Cambodge depuis les législatives de juillet 2013, remportées par le parti du Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis près de 30 ans, mais rejetées par l'opposition, dénonçant des fraudes massives.

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