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31/03/2014 06:35 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Le réchauffement climatique affectera l'alimentation mondiale, prévient le GIEC

YOKOHAMA, Japon - Le réchauffement climatique fera augmenter le prix des aliments et il sera alors plus difficile de nourrir la planète, a prévenu lundi un comité scientifique des Nations Unies.

Une planète plus chaude fera gonfler les coûts des aliments, mènera à l'apparition de «points chauds de famine» parmi les pays plus pauvres du monde et privera l'humanité de produits de luxe comme le vin raffiné ou le café corsé, affirme le rapport de 32 pages du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

«Nous sommes confrontés au spectre du rendement plus faible de certaines des récoltes essentielles pour nourrir l'humanité», a lancé le président du groupe, Rajendra Pachauri, lors d'une conférence de presse à Yokohama, au Japon, pour présenter le rapport.

Même si la chaleur et le dioxyde de carbone sont généralement bénéfiques pour les plantes, l'impact global des différentes facettes du réchauffement causé par l'homme entraînera une réduction de la production alimentaire, comparativement à un monde sans réchauffement climatique, estime le rapport.

Lors de son dernier rapport, en 2007, le GIEC s'était déclaré incapable de prédire l'impact du réchauffement de la planète sur l'agriculture, et certains sceptiques avaient alors évoqué une planète plus verte. Mais au cours des dernières années, les recherches scientifiques démontrent très majoritairement que les changements climatiques nuisent à la production alimentaire, selon l'auteur principal du rapport, Chris Field, de l'Institut Carnegie pour la science.

Mais cela ne signifie pas que le monde produira moins de nourriture dans 50 ans. Grâce à la «révolution verte» qui permet d'améliorer les techniques agricoles, la production augmente d'environ 10 pour cent par décennie, tandis que le réchauffement de la planète se traduira par une réduction du rendement de un pour cent par décennie. Cela signifie que le rendement des récoltes continuera à augmenter, mais moins rapidement, selon un autre auteur du rapport, David Lobell, de l'université Stanford.

MM. Pachauri et Field ont comparé la situation à une ancre qui ralentit les améliorations de l'agriculture. Certaines régions ont vu leur rendement agricole passer de deux pour cent à un pour cent par année, tandis que dans des pays comme l'Inde, où 800 millions de personnes dépendent de la pluie pour l'agriculture et non de l'irrigation, la «révolution verte» n'a jamais eu de grand impact.

D'après le rapport, l'augmentation des prix des aliments variera de trois à 84 pour cent d'ici 2050 à cause du changement climatique.

«Dans un monde où un milliard de gens ont déjà faim, ceci compliquera encore plus la tâche de ceux qui doivent nourrir leur famille», a déclaré Tim Gore, d'Oxfam international.

Alors que certaines cultures pourront faire un peu mieux, d'autres, comme le blé et le maïs, seront affectées par le changement du climat.

Le rapport ajoute que le réchauffement se fera sentir dans certaines régions productrices de café en Amérique centrale et du Sud, ainsi que dans les vergers des États-Unis.

La quantité et la qualité du vin produit en Europe, aux États-Unis et en Australie seront aussi réduites. Par contre, le Portugal et la Colombie-Britannique devraient devenir de meilleurs endroits pour la production vinicole.

Et il n'y a pas que l'agriculture qui sera affectée.

L'océan plus chaud et plus acide est en train de changer les endroits où les poissons vivent, ce qui les rend plus difficiles à attraper. Par conséquent, il deviendra plus difficile de nourrir les populations qui dépendent du poisson.