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31/03/2014 08:59 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Le premier ministre russe Dimitri Medvedev visite la Crimée

MOSCOU - La Russie a inondé la Crimée de cadeaux, lundi, pendant que Kiev repoussait les pressions de Moscou de faire de l'Ukraine une fédération informelle.

La prise de contrôle de la Crimée par la Russie et les efforts du Kremlin d'imposer des changements constitutionnels en Ukraine ont rehaussé les tensions avec l'Occident, tout comme le déploiement de dizaines de milliers de soldats russes le long de la frontière entre les deux pays.

«Le leadership russe devrait s'occuper des problèmes de la Fédération russe, et non des problèmes de l'Ukraine, a dit le président ukrainien intérimaire, Oleksandre Tourchinov. Il revient aux Ukrainiens de dicter la forme de la nouvelle Constituton et de la structure du pays.»

Lundi, le ministère russe de la Défense a annoncé qu'un bataillon déployé près de la frontière, apparemment pour participer à des manoeuvres militaires, avait été rappelé à sa base permanente, selon des agences de presse russes.

Le chef adjoint du centre de commandement des forces armées russes, Alexandre Rozmaznine, a lui aussi confirmé une réduction du nombre de soldats le long de la frontière.

Le premier ministre russe Dimitri Medvedev a profité d'une visite surprise en Crimée, lundi, pour annoncer que Moscou investira de fortes sommes dans sa nouvelle péninsule, afin d'améliorer le sort des habitants.

M. Medvedev, qui dirigeait une délégation ministérielle, a ainsi fait savoir que les salaires et les régimes de retraite seront rapidement gonflés. Moscou prévoit également réaliser des investissements dans les secteurs de l'éducation, de la santé et des infrastructures.

Un ministère spécial a aussi été mis sur pied pour superviser le développement de la Crimée.

La Russie a arraché la Crimée à l'Ukraine plus tôt ce mois-ci, au terme d'un référendum organisé à la hâte. L'Ukraine et l'Occident ont rejeté cette annexion.

«Les gens de la Crimée ne doivent rien perdre après s'être joints à la Russie, a dit le premier ministre russe lors de commentaires télévisés. Ils doivent seulement réaliser des gains. Les gens s'attendent à ce que nous créions les conditions pour une vie calme et respectable, la confiance envers le lendemain, le sentiment d'appartenir à un pays fort. Nous devons nous acquitter de ces attentes.»

M. Medvedev a révélé que la Russie a l'intention de créer en Crimée — une péninsule de deux millions d'habitants —des zones économiques spéciales qui attireront les entreprises avec des impôts plus faibles et des règles plus simples. Il a promis que la Russie cherchera à faire de la région une importante destination touristique et qu'elle tentera de rendre les déplacements aériens suffisamment abordables pour encourager les Russes à s'y rendre.

«Nous devons créer une nouvelle ambiance d'investissements en Crimée, qui connaîtra plus de succès que dans le passé», a-t-il lancé.

M. Medvedev a grandement insisté sur la nécessité d'assurer une alimentation énergétique stable. La Crimée obtient actuellement environ 80 pour cent de son électricité et de son eau potable de l'Ukraine, et des pannes survenues la semaine dernière ont fait craindre que l'Ukraine puisse utiliser l'énergie pour négocier avec la Russie.

Le premier ministre russe a assuré que le Kremlin s'attaquera au problème de toute urgence.

À Moscou, la chambre basse du Parlement a voté lundi, à l'unanimité, pour annuler les ententes avec l'Ukraine concernant la base navale de la mer Noire. Moscou pourrait maintenant annuler le rabais sur la gaz naturel accordé à Kiev dans le cadre de l'entente qui permettait la présence de la flotte russe en eaux ukrainiennes.