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31/03/2014 01:12 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Le gouvernement Renzi adopte une réforme radicale du Sénat

Le gouvernement italien Matteo Renzi a adopté lundi un projet de loi réformant radicalement le Sénat, dont il veut faire une assemblée "à l'allemande", mettant ainsi fin au bicamérisme parfait dans la péninsule.

Le projet de loi constitutionnel, qui entérine, selon l'intitulé en conseil des ministres, la fin "du bicamérisme parfait et la réduction du nombre des parlementaires", abolit de fait le Sénat dans sa forme actuelle, ce qu'avait promis M. Renzi lors de sa prise de fonction le 17 février.

Jusqu'à présent, chaque projet de loi devait passer devant la Chambre des députés, puis devant le Sénat et ainsi de suite jusqu'à son adoption finale.

Une fois cette loi adoptée (il faudra pour cela presqu'un an de navettes entre chaque chambre et qu'elle soit adoptée à une majorité des deux tiers), seuls les députés voteront les lois, le Sénat devenant une assemblée exclusivement consultative.

Ce projet, "adopté à l'unanimité", représente "un très grand tournant pour la politique italienne", s'est réjoui devant la presse le Premier ministre.

En quelques mots, Matteo Renzi a donné sa vision du nouveau Sénat: "il ne votera plus la confiance au gouvernement ni le budget". Jusqu'à présent, tout nouveau gouvernement devait pour entrer en fonction obtenir la confiance des deux chambres.

Les sénateurs ne seront plus "élus directement" et, en tant que conseillers régionaux ou locaux déjà élus par ailleurs, "ne recevront pas d'indemnités".

Présente à ses côtés, la ministre des Réformes Maria Elena Boschi a ajouté que le Sénat s'appellerait désormais "Assemblée des Autonomies" et compterait "148 membres, soit 127 maires des grandes villes et présidents des régions, et 21 nommés par la présidence de la République" (sénateurs à vie et anciens présidents de la République).

Dimanche, dans un entretien à la télévision, le bras droit de M. Renzi et secrétaire général de la présidence du Conseil, Graziano Delrio, jugeant le "système italien baroque", avait expliqué que ce nouveau Sénat serait similaire à une chambre haute "à l'allemande", soit "une représentation des autonomies locales, un Sénat composé de non élus".

En termes de compétences, le nouveau Sénat "ne travaillera pas tous les jours sur toutes les propositions de loi, mais uniquement sur celles qui concerneront la Constitution, les territoires, l'Europe", a encore expliqué M. Renzi.

Dans un souci de "simplifier le pays", le Premier ministre a également annoncé la suppression du Conseil national de l'Économie et du Travail (CNEL), qualifiant cette décision d'un "apéritif" avant de prochaines réformes simplifiant l'administration publique et le fisc, promises "fin avril".

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