POLITIQUE
31/03/2014 09:15 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Projet de charte des valeurs: Couillard accuse le PQ d'être «machiavélique» (VIDÉO)

QUÉBEC - Clause dérogatoire ou pas, Philippe Couillard n'en démord pas: le projet péquiste de charte des valeurs québécoises n'est qu'une «machination programmée» afin d'amener les Québécois vers un référendum sur la souveraineté de la province.

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) était à court de mots, lundi, à Québec, pour exprimer son indignation de voir le parti dirigé par Pauline Marois «programmer une crise sociale majeure» pour arriver à ses fins et réaliser l'indépendance.

M. Couillard a cité un article de La Presse qui avance que le PQ, s'il forme un gouvernement majoritaire, adopterait son projet sans utiliser la clause dérogatoire dans l'espoir que sa charte soit contestée et battue en cour fédérale, ce qui donnerait un élan au mouvement souverainiste.

«C'est regrettable, contestable et indéfendable de voir à quel point, pour Mme Marois et le PQ, la fin justifie les moyens», a déploré M. Couillard, qui qualifie la manoeuvre de «machiavélique».

Pour le chef libéral, le projet péquiste de charte des valeurs n'est qu'un «détournement politique», qui «n'a rien à voir avec l'identité québécoise».

«Le but n'était pas de légiférer sur la soi-disant identité, a martelé M. Couillard. Le but était de créer une grosse chicane, une grosse division et tabler là-dessus de façon vraiment machiavélique pour aller vers un référendum.»

Même la sortie de Mme Marois, qui a indiqué lundi matin qu'un gouvernement péquiste pourrait avoir recours à la clause dérogatoire afin de s'assurer que la charte sur la laïcité ne soit pas invalidée par les tribunaux, n'a pas calmé les ardeurs de M. Couillard, qui en a rajouté en après-midi.

«Je vous rappelle qu'il y a quelques semaines, M. (Bertrand) St-Arnaud disait qu'il y avait de nombreux avis juridiques, jamais publiés d'ailleurs, qui faisaient en sorte que le projet était légal et on voit que ce n'est pas le cas, a dit le chef libéral. C'est une autre tentative d'habiller la vérité.»

M. Couillard a refusé de se prononcer clairement lorsqu'on lui a demandé s'il était légitime pour le PQ d'inclure la clause dérogatoire dans son projet de charte des valeurs québécoises.

«Ce que ça veut dire (...) c'est qu'on sait d'emblée qu'on a un projet illégal, un projet qui ne passe pas le test des tribunaux, a-t-il dit. C'est une stratégie qui est néfaste, parce qu'au lieu d'y aller à visière levée, (...) (on) utilise la division pour mousser un référendum.»

La pertinence de la clause dérogatoire n'a pas été remise en question par le chef libéral, qui estime cependant que l'enjeu doit le justifier.

«C'est un outil qui existe, qui a sa raison d'être et qu'on utilise rarement, a dit M. Couillard. Et si on l'utilise, la question à se poser est "est-ce que c'est proportionnel? Est-ce que ça correspond à un enjeu urgent et réel?". Dans le cas qui est soulevé, il n'y a pas de crise, pas d'enjeu réel. Le seul but de tout ça est de déclencher une crise avec le fédéral.»

Des propos dénoncés

Plus tôt dans la journée, le chef libéral a profité d'une entrevue dans une station de radio de Québec pour dénoncer les propos tenus par Janette Bertrand la veille, sans toutefois directement condamner l'auteure âgée de 89 ans.

Selon M. Couillard, le PQ a utilisé la sortie de Mme Bertrand pour mousser son projet de charte des valeurs québécoises.

«Malheureusement ces propos sont condamnables, mais ce qui est encore plus condamnable, c'est de les voir utilisés par le PQ d'une façon totalement machiavélique», a-t-il dit.

Mme Bertrand avait suscité une certaine controverse, dimanche, en illustrant sa position pro-charte.

L'auteure âgée de 89 ans avait fait référence à deux hommes débarquant à la piscine de l'édifice à logements où elle habite, à Montréal, et qui n'auraient pas apprécié la vue de femmes dans l'eau.

«Bon, imaginons qu'ils partent, qu'ils vont voir le propriétaire, qui est très heureux d'avoir beaucoup de, de... c'est les étudiants de (l'université) McGill riches qui sont là, et puis, ils demandent 'Bon, on va avoir une journée', bon, alors ils payent», avait suggéré Mme Bertrand.

Selon M. Couillard, le PQ se sert de l'inquiétude des gens vis-à-vis certaines communautés pour les «mettre dans l'entonnoir du référendum».

«Tout cela est une vaste machination depuis le début pour littéralement flouer les gens qui ont été sympathiques avec l'idée que le PQ a mis sur la table, a dit le chef du PLQ. Tout cela fait partie de la stratégie référendaire. De les voir utiliser ces propos, d'après moi, ça ne fait pas honneur à la classe politique.»

Questionné, M. Couillard a laissé entendre que les propos de Mme Bertrand lors de l'événement péquiste ont suscité la xénophobie.

«On la suscite, sans l'affirmer soi-même, c'est encore pire», a-t-il déploré.

M. Couillard a également profité du 27e jour de la campagne électorale pour visiter le pavillon Ferdinand-Vandry de la faculté de l’Université Laval où il a notamment rappelé les engagements pris par son parti en santé.

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