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31/03/2014 12:44 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

France: remaniement du gouvernement après l'échec de la gauche aux municipales

PARIS - Le président français a nommé l'ancien ministre de l'Intérieur Manuel Valls au poste de premier ministre, lundi, moins de 24 heures après la cinglante défaite subie par la gauche aux élections municipales.

M. Valls, qui remplacera Jean-Marc Ayrault, est l'un des politiciens de gauche les plus populaires de France, si l'on en croit les sondages.

L'homme de 51 ans a déjà été comparé à l'ancien président Nicolas Sarkozy et il est considéré comme le socialiste le plus apprécié par la droite conservatrice. Il souhaite, par exemple, repenser la semaine de 35 heures, une initiative socialiste.

Dans un discours télévisé préenregistré, le président François Hollande a déclaré qu'il était temps pour la France «d'ouvrir une nouvelle étape» et a annoncé que M. Valls dirigerait un «gouvernement de combat».

M. Hollande a indiqué que le nouveau gouvernement aurait trois objectifs: relancer l'économie, garantir la justice sociale et favoriser le rassemblement.

«À l'occasion des dernières élections municipales, en votant ou en vous abstenant, vous avez exprimé votre mécontentement et votre déception. J'ai entendu votre message, il est clair», a déclaré le président.

Il a cité une liste de changements de politiques qui comprennent notamment des baisses d'impôts non spécifiées et la mise en oeuvre d'un programme d'économies budgétaires de 50 milliards d'euros.

«Il ne s'agit pas de faire des économies pour faire des économies. Il ne peut être question de fragiliser la croissance qui repart. Il s'agit de transformer notre État, de réformer l'organisation de nos territoires et de préserver notre modèle social. Bref, d'être plus juste et plus efficace», a-t-il affirmé.

M. Hollande a par ailleurs tenu à lancer un message «d'apaisement et de rassemblement», après l'élection de 12 maires et de 1546 conseillers municipaux du Front national à travers le pays lors du scrutin municipal de dimanche, un record pour le parti d'extrême droite de Marine Le Pen. Les élections municipales ont par ailleurs été marquées par un faible taux de participation.

«La France souffre de ses divisons. Elle connaît une crise civique, et même morale. (...) La République est notre bien commun. Je ne laisserai aucune de ses valeurs être abîmée ou froissée, où que ce soit sur le territoire national. Aucune forme d'exclusion, de stigmatisation, pas plus que de communautarisme, ne sera toléré», a affirmé le président.

Le nouveau premier ministre, Manuel Valls, est considéré comme un partisan de la ligne dure en ce qui concerne l'immigration et la sécurité, et il a adopté des positions controversées en tant que ministre de l'Intérieur.

Il a notamment décidé d'interdire, au début de l'année, les spectacles de l'humoriste Dieudonné M'Bala M'Bala, considérés comme antisémites. Il s'est déjà dit favorable à la destruction des camps de Roms et à leur expulsion du pays.

L'Élysée a indiqué que la composition du nouveau gouvernement serait annoncée mardi et que les ministres seraient personnellement choisis par M. Valls, avec l'approbation tacite du président.

Parmi les noms qui circulent figure celui de Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste à la présidence et ex-compagne de François Hollande, avec qui elle a eu quatre enfants. Mme Royal pourrait être nommée à un important ministère comme l'Éducation ou la Justice.

Des changements sont particulièrement attendus au ministère des Finances, qui tente de trouver des solutions à la faible croissance chronique et au taux de chômage grandissant.