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Egypte: reprise du procès de reporters d'Al-Jazeera, détenus près de 100 jours

Le procès de journalistes de la chaîne satellitaire du Qatar Al-Jazeera, dont l'Australien Peter Greste, pour soutien aux Frères musulmans du président destitué Mohamed Morsi a repris lundi alors que trois des reporters ont déjà passé près de 100 jours en détention.

L'audience a repris à la mi-journée au Caire, au lendemain de déclarations du ministre de l'Intérieur accusant un rédacteur en chef de la chaîne qatarie de complicité avec M. Morsi dans une affaire d'"espionnage" visant le chef d'Etat islamiste et 35 co-accusés, dont des dirigeants de sa confrérie déclarée "terroriste".

M. Greste a été arrêté fin décembre au Caire en compagnie de l'Egypto-Canadien Mohamed Fadel Fahmy, directeur du bureau d'Al-Jazeera English au Caire. Au total, 20 personnes sont poursuivies, dont plusieurs par contumace. Huit prévenus étaient présents lundi, dans la traditionnelle tenue blanche des prisonniers.

Les 16 Egyptiens sont accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" et quatre étrangers de leur avoir fourni "argent, équipements et informations" pour "diffuser de fausses nouvelles" et faire croire à une "guerre civile".

Mokhless El Salhy, avocat d'Al-Jazeera, a affirmé à l'AFP que ses clients travaillaient "de façon professionnelle et objective". "Ils couvraient des affrontements entre manifestants et forces de sécurité, comme toutes les autres télévisions. Ils n'ont rien inventé ni fabriqué".

"Après trois audiences, il est clair qu'il n'y a aucune charge valable contre nous. Aucun témoignage ne nous incrimine", a affirmé à l'AFP M. Fahmy.

Avant le début de l'audience, Mike Greste, frère du journaliste australien, a assuré que "100 jours de prison avaient dû laisser des marques" mais que son frère était toujours "fort".

Pour beaucoup, ce procès est un test pour les nouvelles autorités mises en place par l'armée, soupçonnée de préparer le retour d'un pouvoir autoritaire, neuf mois après l'éviction du premier président élu démocratiquement en Egypte.

Depuis lors, au moins 1.400 manifestants pro-Morsi ont péri dans une répression dont l'Egypte n'a pas apprécié la couverture par Al-Jazeera. Les autorités ont fermé l'antenne égyptienne, et depuis, Le Caire et Doha sont à couteaux tirés.

M. Morsi est lui-même poursuivi dans quatre affaires, dont une pour "espionnage". Evoquant ce procès, le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim, a accusé dimanche un rédacteur en chef d'Al-Jazeera, Ibrahim Mohammed Hilal, d'avoir aidé les Frères musulmans à faire fuiter des informations sur la sûreté de l'Etat.

Une source au sein d'Al-Jazeera a estimé que "personne" ne prendrait ces accusations au sérieux et dénoncé "une nouvelle théorie stupide du complot".

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