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31/03/2014 08:56 EDT | Actualisé 31/05/2014 05:12 EDT

Échange de tirs entre les Corées

La Corée du Nord a tiré des obus près de la frontière sud-coréenne provoquant une riposte de son voisin. L'échange de tirs a semé la panique au sein de la population de deux îles situées à proximité des échanges de tirs.

La Corée du Nord aurait tiré quelque 500 obus en trois heures, dont une centaine dans les eaux sud-coréenne. « Des obus tirés par la Corée du Nord sont tombés de notre côté (de la frontière) et nous avons répliqué en ouvrant le feu » avec 300 obus, a déclaré un porte-parole de l'État-major des armées sud-coréennes.

Les habitants des îles sud-coréennes de Baengnyeong et Yeonpyeong ont pris la direction des abris. « Nous exhortons tous les habitants à se réfugier dans les abris sans délai, certains l'ont déjà fait », a-t-il dit. La Corée du Sud a fait décoller des chasseurs F-15 pour surveiller le secteur.

Les échanges de tirs sont intervenus en mer Jaune, près de la frontière maritime entre les deux pays. Cette zone est le théâtre d'accrochages meurtriers depuis plusieurs années, le dernier événement étant survenu en 2010 quand quatre Sud-Coréens ont péri dans le bombardement de leur île. Un bâtiment de la marine sud-coréenne avait également été coulé par la Corée du Nord au cours de cet épisode de tensions. Des dizaines de marins avaient été tuées.

Tracée par l'ONU et les États-Unis en 1953, cette frontière a été baptisée « Ligne de limite Nord ». La Corée du Nord refuse toutefois de la reconnaître ce qui provoque des frictions dans la région.

Le porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense, Wi Yong-Seop, estime que Pyongyang « a envoyé le message pour souligner que leurs intentions étaient hostiles ». « Leur but est de nous menacer, d'attiser les tensions sur la frontière en mer Jaune et sur la péninsule en général », poursuit-il.

Négociations et programme nucléaire

La Corée du Nord a averti son voisin méridional de tenir ses navires à distance de certaines zones maritimes en n'excluant pas la tenue d'un quatrième essai nucléaire « sous une nouvelle forme ». Il s'agirait d'une allusion à la mise au point d'une charge nucléaire sur une ogive. Les experts croient toutefois que la Corée du Nord ne maîtrise pas encore l'expertise nécessaire à la fabrication d'une bombe atomique suffisamment petite pour être fixée à un missile.

La Corée du Nord a tenu des essais nucléaires en octobre 2006, mai 2009 et février 2013.

« Nous avons indiqué au Nord que nous répondrions avec vigueur par des tirs si des tirs atterrissaient de l'autre côté de la frontière », a indiqué le porte-parole de l'État-major des armées sud-coréennes.

Malgré ses échanges musclés, les spécialistes de la question n'y voient pas de motif d'inquiétude. Un expert des relations entre les deux Corées estime qu'il n'existe pas de « risque véritable d'une escalade ». « La Corée du Nord entend maintenir la pression sur la reprise du dialogue » dans le cadre des négociations à six - les deux Corées, la Russie, le Japon, la Chine et les États-Unis - sur l'arrêt de son programme nucléaire en échange d'une aide économique, explique le professeur d'études nord-coréennes à l'Université de Séoul, Yang Moo-Jin.

Le principal allié de la Corée du Nord, la Chine, a d'ailleurs appelé les deux parties à la « retenue ».

De son côté, la Russie s'inquiète des nouvelles tensions entre les deux Corées. « Nous nous inquiétons du durcissement du ton entre les deux pays, incluant la déclaration nord-coréenne indiquant que l'exercice pourrait déboucher sur à un nouvel essai nucléaire », a déclaré le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov.

La Russie critique au passage les États-Unis pour la tenue d'exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud dans la région. Les exercices aggravent la situation, selon le gouvernement russe.

À Washington, un porte-parole de la Maison-Blanche a qualifié de « dangereux et provocants » les gestes de la Corée du Nord en mer Jaune. Il a ajouté que les tirs nord-coréens aggravent les tensions dans la région.

Au cours des dernières semaines, Pyongyang a mené plusieurs tirs de missiles de courte et moyenne portée en réplique à des exercices militaires conjoints américano-sud-coréens. Ces manœuvres militaires ont débuté en février dernier et se termineront en avril.