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Après la claque des municipales, François Hollande va s'adresser aux Français

Au lendemain d'une lourde défaite des socialistes aux municipales, le président François Hollande devait s'adresser lundi soir aux Français, alors qu'il est poussé, jusque dans son camp, à réorienter sa politique et à changer de Premier ministre.

Cette allocution enregistrée de quelques minutes sera diffusée à 18H00 GMT, a annoncé la présidence dans un communiqué.

Grille fermée à l'Elysée, lourde porte en bois également close à Matignon, sièges respectivement de la présidence française et des bureaux du Premier ministre: faute d'informations, les médias en étaient réduits dans l'après-midi aux spéculations.

Evoqué depuis des semaines, le changement de Premier ministre paraît inéluctable.

Selon un sondage BVA pour le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France, près des trois quarts (74%) des Français ne souhaitent pas que M. Ayrault reste Premier ministre.

"Les électeurs ont exprimé une attente vive... et parfois de la colère", a noté le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, donné comme favori pour prendre la tête du prochain gouvernement. "Il s'agit bien d'une défaite locale et nationale pour la gauche et le gouvernement", a-t-il reconnu.

Moins de deux ans après son accession au pouvoir en mai 2012 et à deux mois d'élections européennes qui s'annoncent au moins aussi périlleuses pour la majorité, le président français a essuyé à travers le scrutin local une défaite personnelle.

Les électeurs de gauche lui ont fait défaut, une grande partie d'entre eux se réfugiant dans l'abstention, ne lui pardonnant pas son incapacité à faire baisser le chômage comme il s'y était engagé.

Plusieurs ténors de la gauche n'ont pas attendu pour réclamer un changement d'orientation. Il faut "changer de trajectoire" vers plus de "solidarité" envers les plus modestes, et "indiquer à nos partenaires européens que la politique d'austérité telle qu'elle est menée n'est plus supportable", a estimé le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis.

Les deux courants de l'aile gauche, "la Gauche durable" et "la gauche populaire", ont donné rendez-vous aux parlementaires de tous horizons lundi soir à l'Assemblée nationale pour se concerter sur une "réorientation" de la politique "à gauche". Le message vise à avertir qu'ils ne se contenteront pas d'un "changement de casting".

Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs écologistes, a brandi de son côté la menace d'une rupture de la majorité, à laquelle participent jusqu'à présent les écologistes avec deux ministres, si l'exécutif ne change pas de politique. Les écologistes ont tiré leur épingle du jeu dans le scrutin municipal, prenant notamment la ville de Grenoble (est) aux socialistes.

Le "pacte de responsabilité" lancé par François Hollande, qui a pour objectif d'abaisser les charges des entreprises dans l'espoir de relancer les embauches, "est invotable en l'état", a averti lundi M. Placé. François Hollande a promis d'engager la responsabilité de l'exécutif au printemps devant le Parlement sur ce "pacte de responsabilité".

En perdant au moins 155 villes de plus de 9.000 habitants - certaines à gauche depuis plus de 100 ans - le camp socialiste abandonne à la droite son statut de premier pouvoir local conforté lors du précédent scrutin municipal en 2008.

Alain Juppé, ancien ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, a estimé que cette "défaite cuisante" de la gauche mettait la droite "devant ses responsabilités" avec une obligation de préparer "l'alternance".

Le Front national, qui était quasiment absent à l'échelon local, remporte pour sa part 11 mairies, ce qui a permis à la présidente du parti d'extrême droite Marine Le Pen de saluer "une nouvelle étape" dans l'histoire de son parti.

Avec les municipales, François Hollande a notamment payé très cher son incapacité à inverser, comme il l'avait promis, la courbe du chômage. Le nombre de demandeurs d'emplois a atteint en février le chiffre record de 3,34 millions.

Pour le président du patronat, Pierre Gattaz, la France est en passe de devenir "l'homme malade de l'Europe".

Une mauvaise nouvelle est encore tombée lundi avec les chiffres du déficit public. Alors que l'objectif était de le ramener à 4,1% du PIB en 2013 (contre 4,9% en 2012), il a encore atteint 4,3%. Le gouvernement s'est engagé auprès de Bruxelles à faire passer le déficit public sous 3% du PIB en 2015.

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