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Un nouvel anticholestérol prometteur offrirait une alternative aux statines

Un anticholestérol expérimental très prometteur pourrait offrir à certains malades une alternative aux statines, médicament vedette depuis 25 ans contre le cholestérol, un important facteur de risques cardiovasculaires, selon les résultats de deux essais cliniques clé présentés dimanche.

Cette nouvelle classe de traitements agit en neutralisant une protéine appelée PCSK9 qui intervient dans le métabolisme du cholestérol au niveau du foie selon un mécanisme différent de celui des statines, des molécules agissant également au niveau hépatique.

Ce nouvel anticholestérol offre une alternative aux 15% de patients qui ne tolèrent pas les statines comme le Lipitor, le Zocor ou le Crestor, les effets secondaires les plus courants étant des douleurs musculaires ou des problèmes de foie.

Les deux essais cliniques sur une version de ce nouvel agent, l'Evolocumab, développé par le laboratoire américain Amgen, ont été présentées à la conférence annuelle de l'American College of Cardiology réunie ce week-end à Washington.

Le premier essai de phase 3 appelé LAPLACE-2 avec près de 2.000 participants hommes et femmes (âge médian 60 ans), a montré une réduction du mauvais cholestérol (LDL) de 63 à 75% comparativement à un placebo.

L'autre étude clinique (GAUSS-2) également de phase 3, a été conduite avec 307 hommes et femmes (âge médian 62 ans) qui avaient un taux élevé de cholestérol et ne toléraient pas les statines.

Le groupe traité avec l'Evolocumab a enregistré une diminution de 53 à 56% de leur cholestérol contre 37 à 39% dans celui assigné à l'Ezetimibe, un anticholestérol qui est une alternative aux statines agissant sur le petit intestin.

"Evolocumab a été efficace et bien toléré avec aucun signe de dommage au foie ou de problème musculaire", a souligné le Dr Jennifer Robinson, de l'Université d'Iowa, qui a dirigé l'essai clinique LAPLACE-2.

Le Dr Peter Libby, professeur à la faculté de médecine de Harvard (Massachusetts) a toutefois souligné qu'on ne pouvait pas être certain à ce stade si la baisse importante du cholestérol obtenu par ce nouveau mécanisme se traduira aussi par une réduction des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux comme c'est le cas avec les statines.

Certaines questions se posent déjà sur le fait de savoir si cette nouvelle classe d'anti-cholestérol pourrait avoir des effets néfastes sur le cerveau.

L'agence américaine des médicaments, la FDA (Food and Drug Administration), a demandé en février aux laboratoire américain Regeneron et français Sanofi d'évaluer de possibles effets neurocognitifs néfastes de leur version de l'inhibiteur de la protéine PCSK9, appelé Alirocumab, objet d'un essai clinique de phase 2.

Cela a jeté un froid sur leurs actionnaires et suscite des doutes quant à la mise sur le marché de ce nouvel anticholestérol.

Malgré cette enquête de la FDA et le fait que les effets cardiovasculaires favorables de cet agent expérimental n'aient pas encore été démontrés, Amgen a déjà dit qu'il chercherait dès 2014 à obtenir le feu vert pour la mise sur le marché de son anticholestérol Evolocumab sur la base des deux essais cliniques présentés dimanche.

js/ob

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