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Pourquoi les caravanes sortent peu de l'axe Québec-Montréal

Les chefs des trois grandes formations politiques québécoises ont concentré leurs efforts dans la vallée du Saint-Laurent depuis le début de la campagne électorale. Et il serait surprenant que leurs caravanes prennent la route de régions éloignées alors qu'il ne reste qu'une semaine avant le jour du scrutin.

Un texte de Jérôme Labbé

Après 26 jours de campagne, aucun chef ne s'est aventuré en Outaouais, en Gaspésie et dans le Nord-du-Québec et seul le leader du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, s'est rendu en Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, aux Îles-de-la-Madeleine et sur la Côte-Nord.

Comme les formations politiques transmettent aux médias les itinéraires de leurs chefs au jour le jour, il est difficile de savoir si la situation sera corrigée d'ici le 7 avril. Mais comme elles préfèrent souvent, en fin de campagne, visiter le plus de circonscriptions possible, il serait étonnant de voir l'une des caravanes consacrer plusieurs heures - voire plusieurs jours - à la visite d'une région éloignée.

Roberval, une priorité pour Couillard

Des trois principaux chefs de parti, Philippe Couillard est certainement celui qui a le plus voyagé depuis le 5 mars. Il se plaît également à rappeler fréquemment qu'il a visité toutes les régions du Québec entre son élection à la tête du PLQ, en mars 2013, et son entrée à l'Assemblée nationale, en décembre dernier.

Depuis le début de la campagne, la caravane libérale s'est notamment rendue à trois reprises dans Roberval, au Lac-Saint-Jean, où M. Couillard tente de se faire élire. Son élection dans cette circonscription péquiste est essentielle pour le PLQ, qui espère former le prochain gouvernement.

Le parti avait également loué un avion à mi-campagne pour se rendre en Abitibi-Témiscamingue et dans l'Est du Québec. À cette occasion, M. Couillard s'est notamment rendu aux Îles-de-la-Madeleine, mais il a dû renoncer à se poser en Gaspésie, la météo ne le permettant pas.

La caravane du PLQ a également omis de se rendre en Outaouais. La candidate du parti dans Hull, Maryse Gaudreault, a toutefois promis de la situation serait corrigée d'ici le jour du scrutin.

Plusieurs électeurs disent se sentir négligés par les chefs en Outaouais, une région où les cinq circonscriptions qui la composent ont toutes envoyé des députés libéraux à l'Assemblée nationale depuis 1981.

Le PQ adopte une stratégie différente

Un regard rapide à l'itinéraire de la caravane péquiste, publié sur le site web du PQ, montre que celle-ci ne s'est pas beaucoup éloignée de l'axe Québec-Montréal. Tout au plus s'est-elle rendue en Estrie et la circonscription libérale de Rivière-du-Loup-Témiscouata, le 22 mars.

Pauline Marois s'était pourtant déplacée dans presque toutes les régions du Québec lors de la campagne électorale de 2012.

Dans l'entourage de la chef péquiste, on explique vouloir concentrer ses énergies dans les circonscriptions de Montréal et sa banlieue, Québec, la Mauricie et le Centre-du-Québec.

À la dissolution de l'Assemblée nationale, les circonscriptions de l'Abitibi-Témiscamingue, du Nord-du-Québec, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine étaient toutes acquises au Parti québécois.

La lutte s'annonce toutefois chaude dans Roberval, où le péquiste Denis Trottier a été réélu avec près de 6000 voix de majorité en septembre 2012.

Comme les chefs ne font habituellement pas campagne dans les circonscriptions des autres chefs, Pauline Marois ne s'y est pas rendue, cette année. Elle a toutefois dépêché sur place une importante délégation péquiste le 19 mars.

La CAQ et son Projet Saint-Laurent

L'autocar transportant le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s'est jusqu'à maintenant contenté de visiter le sud-ouest de la province. Son Projet Saint-Laurent, dont il fait la promotion à presque chaque arrêt, se concentre essentiellement sur les régions situées entre Québec et Montréal.

C'est également le long du fleuve que se trouvent les 19 circonscriptions qui ont élu des députés de la CAQ aux dernières élections.

La caravane caquiste, qui a connu de nombreux problèmes mécaniques au cours de la campagne, devait faire un arrêt au Saguenay-Lac-Saint-Jean en fin de semaine dernière, mais elle est demeurée à Québec en raison du mauvais temps.

M. Legault a également promis de se rendre en Outaouais, mais son autocar ne s'y est pas encore arrêté.

Un autocar pour Québec solidaire

Profitant de son premier autocar de campagne - que les médias ont toutefois boudé - Québec solidaire a sillonné la province dans l'espoir de se défaire de son image de parti montréalais.

Avec l'aide de leur candidat dans Mercier, Amir Khadir, les co-porte-parole de QS, Françoise David et Andres Fontecilla, ont multiplié les annonces dans plusieurs régions du Québec, y compris l'Outaouais, la Gaspésie, l'Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Beaucoup d'efforts ont toutefois été mis dans les circonscriptions montréalaises de Laurier-Dorion et Sainte-Marie-Saint-Jacques, où le parti de gauche espère faire des gains dans une semaine.

Aux Coulisses du pouvoir, dimanche, la chroniqueuse politique Chantal Hébert a expliqué que les trajets empruntés cette semaine par les caravanes de campagne seront particulièrement intéressants à étudier.

« Parce qu'eux ont des chiffres que nous n'avons pas. Là où l'on va, la dernière semaine, ça donne une idée de l'état dans lequel on est. Quand on est dans des comtés qui vont bien, d'habitude, la dernière semaine, c'est généralement parce que ça va moins bien et vice versa », a-t-elle indiqué.

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