Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Portugal: l'appel à une restructuration de la dette prend de l'ampleur

Le manifeste en faveur d'une "restructuration responsable" de la dette publique du Portugal, lancé début mars par 74 personnalités de gauche et de droite, a abouti à une pétition qui a franchi dimanche la barre des 8.000 signatures.

"Sans croissance économique soutenable, la dette du Portugal est insoutenable", clame cette pétition mise en ligne qui a reçu notamment le soutien du général Pinto Ramalho, ancien chef de l'Etat major de l'Armée, et d'Eugenio da Fonseca, président de Caritas au Portugal.

La pétition demande au Parlement "d'organiser un débat démocratique" sur la question et d'adopter une résolution réclamant au gouvernement de centre droit d'ouvrir des négociations avec l'Union européenne sur un effacement partiel de la dette.

Le groupe des 74 personnalités portugaises, qui ont été soutenues par autant d'économistes de renommée internationale, propose d'appliquer une décote sur la partie de la dette dépassant les 60% du PIB, d'allonger la maturité des prêts "à 40 ans ou plus" et de baisser leur taux d'intérêt moyen.

La dette du Portugal a atteint 129% du PIB fin 2013, mais devrait amorcer une décrue cette année, selon les prévisions du gouvernement.

La pétition intervient alors que le Portugal a réussi à regagner la confiance des marchés en attendant la sortie de son programme d'aide de 78 milliards d'euros prévue le 17 mai. Les taux d'emprunt à dix ans sont passés en dessous des 4%, au plus bas depuis janvier 2010.

La publication du "manifeste des 74" avait créé une vive polémique au Portugal et suscité des inquiétudes parmi les investisseurs.

Le Premier ministre Pedro Passos Coelho (PSD, centre droit) avait aussitôt condamné cette initiative, estimant que le manifeste "envoie un message erroné à tous ceux qui attendent du Portugal qu'il respecte ses engagements".

Le manifeste a également coûté leur place à deux conseillers du président Anibal Cavaco Silva qui figuraient parmi ses signataires. Ils ont été limogés par le chef de l'Etat qui a tenu à se démarquer de cet appel.

Alors que plusieurs personnalités socialistes ont signé le manifeste, dont l'ancien ministre des Travaux publics Joao Cravinho, le parti dirigé par Antonio José Seguro ne s'y est pas officiellement rallié. Un débat au Parlement obligera le Parti socialiste, principale formation de l'opposition, à prendre position.

bh/bir

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.