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Les 20 ans de "Riverdance", le show qui a converti le monde à la danse celtique

Tête haute, le corps droit comme un i, les jambes tricotant une gigue au son des tambours: voilà vingt ans que les danseurs de Riverdance électrisent les salles du monde entier, de Paris à la Chine où le show fait un tabac.

"Tout ça a démarré par un entracte de sept minutes pendant le concours de l'Eurovision qui se déroulait il y a vingt ans à Dublin", rappelle le producteur exécutif du spectacle Julian Erskine. Le thème du concours, ce 30 avril 1994, était "la rivière", et c'est donc tout naturellement que la productrice Moya Doherty a baptisé sa création Riverdance.

"Le spectacle créé en 1995 était une extension de ce court intermède initial", raconte Julian Erskine. Le show est un succès immédiat à Dublin, puis à Londres où il passe de dix représentations prévues à 151 ! En 1996, Riverdance s'exporte à New York, et l'année suivante débarque en France.

L'Allemagne et la France sont aujourd'hui encore les pays les plus enthousiastes en Europe. En France, le pic de fréquentation a été atteint en 2003/2004 avec 120.000 spectateurs. Mais le show reste très populaire et 70.000 spectateurs sont attendus dans la tournée qui court du 29 avril au 18 mai à Paris et dans les grandes villes de France.

"La France aime les spectacles de tradition, comme les Choeurs de l'Armée rouge, et il y a une vraie attirance pour la culture celte, qui se manifeste par exemple au Festival interceltique de Lorient", constate le producteur pour la France Pascal Bernardin.

Mais l'avenir de la danse celtique se joue désormais en Asie:

"En octobre prochain nous entamons une tournée de 22 villes chinoises, nous allons l'an prochain au Japon, en Corée, à Taïwan, Kuala Lumpur", énumère M. Erskine. Si Riverdance a d'abord séduit les pays d'immigration irlandaise, comme le Canada, les Etats-Unis, l'Australie, aujourd'hui le public déborde largement le vivier des spectateurs aux racines celtes.

"Je pense qu'il y a quelque chose de primitif, d'originel dans ces rythmes et cette musique qui émeut profondément les gens", estime Julian Erskine.

Le public est fidèle: on vient voir le show plusieurs fois, et "aujourd'hui on a de jeunes adultes qui étaient dans la salle il y a vingt ans avec leurs parents, et qui amènent aujourd'hui leurs propres enfants", explique-t-il.

Le spectacle est "le même à 80% que celui de la création en 1995". Les changements sont généralement accueillis par le public avec circonspection: "nous faisons peu de changements, et ils ne sont généralement pas très populaires, notre public aime ce qu'il connaît", constate le producteur.

La musique, signée de Bill Wheelan, qui a aussi travaillé pour U2, Van Morrison, Kate Bush, Richard Harris, Planxty, les Dubliners, n'est pas pour peu dans le succès du show.

En 20 ans, Riverdance est devenu un véritable business, avec trois troupes de 55 personnes (dont 35 à 40 danseurs) qui tournent en permanence, un atelier de costumes à Dublin, des centaines de personnels temporaires embauchés sur les lieux des représentations.

Le show est toujours très populaire en Irlande. Il joue tous les ans dix semaines d'affilée à Dublin pendant l'été. "C'est aussi très important dans des endroits comme Belfast, où dans le passé c'était très difficile. Il faut se souvenir que lorsque l'Irlande était sous domination britannique, la musique et la danse irlandaise étaient interdites, donc danser, c'était presque comme participer à la révolution", rappelle Julian Erskine.

La danse irlandaise est enseignée massivement en Irlande, avec plus de 300 écoles, des compétitions et plusieurs spectacles concurrents, dont aucun n'a toutefois l'aura de Riverdance. "Bien sûr c'est le rêve de tout jeune danseur d'intégrer Riverdance", dit-il.

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