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30/03/2014 02:23 EDT | Actualisé 30/05/2014 05:12 EDT

France: la droite et l'extrême droite gagnent des mairies, lourde défaite de la gauche

JEAN-SEBASTIEN EVRARD via Getty Images
French Prime Minister and former Nantes mayor, Jean-Marc Ayrault, arrives to cast his ballot in the second round of the French municipal elections on March 30, 2014 in Nantes, western France. Speculation is rife that -- barring a major turn-around in today second round -- the result will trigger a wide-ranging cabinet reshuffle. AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD (Photo credit should read JEAN-SEBASTIEN EVRARD/AFP/Getty Images)

La gauche au pouvoir en France a enregistré dimanche un lourd revers au second tour des élections municipales au profit de la droite dans plusieurs villes importantes, tandis que l'extrême droite confirmait son ancrage dans le pays, selon de premiers résultats et des estimations.

Le scénario d'un remaniement rapide du gouvernement français, qui comptait sur une vaste mobilisation des électeurs socialistes pour limiter les pertes enregistrées lors du premier tour le 23 mars, était donné comme le plus probable au lendemain du vote. La reconduction du Premier ministre Jean-Marc Ayrault semblait difficile au vu des premiers résultats annoncés dimanche.

L'opposition de droite revendique une "grande victoire", a réagi le patron du parti UMP Jean-François Copé.

Le Front national a remporté deux villes moyennes, Béziers et Fréjus. Comme dimanche dernier, l'abstention a été massive, à environ 38%, selon les premières estimations.

Ces résultats sont "indéniablement mauvais pour la gauche", a déclaré la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem. "Il nous faut renouer le dialogue avec les Français", a-t-elle ajouté.

La gauche a perdu plusieurs villes, dont des bastions comme Limoges (centre) ou Belfort (est). Les autres mairies perdues par les socialistes sont Roubaix (nord), Reims (est), Saint-Etienne, Angers (Centre), Quimper (ouest), Pau (sud-ouest) et Ajaccio (Corse).

Même s'il remporte de nouvelles villes, le Front national a échoué à conquérir Perpignan (sud) et la capitale mondiale du théâtre, Avignon (sud-est). Le patron du festival international de théâtre qui se tient chaque année dans cette ville avait menacé de le délocaliser si l'extrême droite emportait la mairie.

Premier test électoral pour le président socialiste François Hollande depuis son arrivée au pouvoir en 2012, ce scrutin municipal a été marqué dimanche par un taux d'abstention record.

Le Parti socialiste paie l'impopularité majeure de l'exécutif et l'absence de mobilisation massive de ses électeurs.

Premier ministre en sursis

Le taux de participation au second tour des municipales était estimée à 61,5% par deux instituts, Ifop-SAS pour I-Télé et CSA pour BFMTV, ce qui constituerait un record d'abstention de 38,5%, jamais atteint pour ce type d'élection.

A Paris, une femme devait être élue pour la première fois. L'issue du duel entre Anne Hidalgo (socialiste) et Nathalie Kosciusko-Morizet (droite) n'était pas connue en début de soirée.

La première ville remportée dès le premier tour par le Front national, Hénin-Beaumont (nord), a accueilli dimanche son nouveau maire. "C'est le premier jour d'une ère nouvelle", s'est félicitée la présidente du Front National (FN), Marine Le Pen.

A Béziers (71 000 habitants), la victoire de l'ancien président de Reporters sans frontières Robert Ménard grâce au soutien du FN incarne la stratégie suivie depuis quelques années par Marine Le Pen pour dédiaboliser sa formation.

La victoire de l'opposition de droite et l'ancrage de l'extrême droite sont révélatrices d'une désespérance sociale. Elles devaient faire réagir l'exécutif rapidement. Un remaniement gouvernemental en début de semaine permettrait à François Hollande d'éviter un règlement de comptes dans la famille socialiste, où les débats sont vifs sur la ligne suivie par l'exécutif.

Depuis une semaine, Jean-Marc Ayrault est désigné comme le bouc émissaire de l'échec des municipales, alors que le nom du populaire et ambitieux ministre de l'Intérieur Manuel Valls est le plus cité pour prendre la tête d'une équipe resserrée, devant celui du chef de la diplomatie Laurent Fabius.

Mais s'il rassure une majorité des Français pour sa posture de fermeté face à la délinquance et à l'immigration clandestine, Manuel Valls, 51 ans, hérisse une partie de la gauche qui ne lui pardonne pas des déclarations virulentes contre la communauté des Roms.

Les écologistes, qui comptent deux ministres (Logement et Développement), ont bénéficié du désaveu infligé par les électeurs au principal parti au pouvoir.

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