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France: le pouvoir socialiste menacé lors d'élections locales

Les élections municipales en France étaient marquées dimanche par un taux d'abstention record qui menaçait d'accentuer la déroute électorale du président socialiste François Hollande, avec une progression de la droite et un ancrage de l'extrême droite.

Le scénario d'un remaniement rapide du gouvernement français, qui comptait sur une vaste mobilisation des électeurs socialistes pour limiter les pertes, était donné comme le plus probable au lendemain du vote.

La reconduction ou non du Premier ministre Jean-Marc Ayrault devrait dépendre de l'ampleur du recul enregistré par le parti socialiste (PS) à l'issue de ce premier test national de François Hollande depuis son élection en mai 2012.

"C'est un devoir civique d'aller voter", a jugé auprès de l'AFP David Michel, 59 ans, en glissant son bulletin dans l'urne à Strasbourg (est).

La mobilisation des électeurs était l'un des grand enjeux de ce second tour, après le taux déjà record d'abstention enregistré la semaine dernière - 36,45% -, nettement plus élevé parmi les sympathisants de gauche que ceux de droite.

Mais le taux de participation au second tour des municipales s'élevait dimanche à 15H00 GMT à 52,36%, soit moins qu'au premier tour à la même heure (54,72%), a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Pire encore, la participation finale au second tour des municipales était estimée à 61,5% par deux instituts, Ifop-SAS pour I-Télé et CSA pour BFMTV, ce qui constituerait un record d'abstention de 38,5%, jamais atteint pour ce type d'élection.

Les regards étaient tournés vers les grandes villes du PS menacées de basculer à droite: Strasbourg, Reims et Metz dans l'est, Toulouse dans le sud-ouest, Saint-Etienne dans le centre-est et Caen dans le nord-ouest.

Sans oublier Paris où une femme doit être élue pour la première fois, l'issue du duel entre Anne Hidalgo (socialiste) et Nathalie Kosciusko-Morizet (droite) étant plus incertaine que prévu.

"C'est le premier jour d'une ère nouvelle pour Hénin-Beaumont", a déclaré dimanche la présidente du Front National (FN), Marine Le Pen, alors que le candidat du FN, Steeve Briois, était formellement élu maire de cette ville du Nord, une semaine après sa victoire dès le premier tour.

Le FN pourrait remporter d'autres villes dans le sud de la France comme Fréjus ou Béziers.

Dans cette dernière ville, certains appréhendaient une victoire de l'ancien président de Reporters sans frontières Robert Ménard grâce au soutien du FN.

"Il faut faire front contre le Front National", lâchait Boubakeur Amri, 46 ans, tenant la permanence du candidat de droite modérée, Élie Aboud. "En cas d'élection de M. Ménard, ça va sa dégrader, moi j'ai trop peur".

Une conquête d'Avignon (sud), où le directeur du festival international de théâtre a menacé de délocaliser l'événement, aurait un retentissement considérable.

Cette percée de l'extrême droite révélatrice d'une désespérance sociale, devrait faire réagir l'exécutif rapidement. Un remaniement en début de semaine permettrait à François Hollande d'éviter un règlement de comptes dans la famille socialiste, où les débats sont vifs sur la ligne suivie par l'exécutif.

"Bon courage !", a lancé dimanche à Nantes (ouest) un petit groupe d'électeurs à Jean-Marc Ayrault, ex-maire de cette ville et à l'avenir en suspens.

"Il faut laisser les Français s'exprimer, il faut leur faire confiance", a répondu le Premier ministre, tout en reconnaissant qu'"il faudra tenir compte de leur message".

Depuis une semaine, il est désigné comme le bouc émissaire de l'échec des municipales, alors que le nom du populaire et ambitieux ministre de l'Intérieur Manuel Valls est le plus cité pour prendre la tête d'une équipe resserrée, devant celui du chef de la diplomatie Laurent Fabius.

Mais s'il rassure une majorité des Français pour sa posture de fermeté face à la délinquance et à l'immigration clandestine, Manuel Valls, 51 ans, hérisse une partie de la gauche qui ne lui pardonne pas des déclarations virulentes contre la communauté des Roms.

Vilipendé pour son manque de charisme, fidèle de François Hollande, Jean-Marc Ayrault garde des partisans qui vantent ses capacités à maintenir l'équilibre entre les composantes de la majorité.

Les écologistes, qui comptent deux ministres (Logement et Développement) ont bénéficié du désaveu infligé par les électeurs au principal parti au pouvoir.

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