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Elections locales en France: le pouvoir socialiste menacé

Les Français votaient dimanche au second tour d'élections municipales à hauts risques pour le pouvoir socialiste, menacé par une abstention plus forte encore qu'au premier tour et une percée de l'extrême droite.

Le scénario d'un remaniement rapide du gouvernement français, qui comptait sur une vaste mobilisation des électeurs socialistes pour limiter les pertes, était donné comme le plus probable à l'issue du vote.

La reconduction ou non du Premier ministre Jean-Marc Ayrault dépendait, elle, de l'ampleur du recul enregistré par le parti socialiste (PS) à l'issue de ce premier test national de François Hollande depuis son élection en mai 2012.

"C'est un devoir civique d'aller voter", a déclaré à l'AFP David Michel, 59 ans, en glissant son bulletin dans l'urne à Strasbourg (est), dans le quartier cossu de l'Orangerie.

La mobilisation des électeurs était l'un des grand enjeux de ce second tour, après le taux record d'abstention enregistré la semaine dernière, 36,45%, nettement plus parmi les sympathisants de gauche que ceux de droite.

Or, le taux de participation au second tour des municipales s'élevait dimanche à midi à 19,83%, soit moins qu'au premier tour (23,16%), selon le ministère de l'Intérieur.

A Marseille, où le candidat socialiste était donné largement battu par le maire de droite, seuls 13,67% des quelque 490.000 inscrits avaient voté à la mi-journée. A Paris, la participation n'était même que de 11,30%, contre 13,73% dimanche dernier.

Les regards étaient tournés vers les grandes villes du PS menacées de basculer à droite: Strasbourg (est) et Toulouse (sud-ouest), Saint-Etienne (centre-est), Reims (est), Metz (est), Caen (nord-ouest).

Sans oublier Paris où une femme doit être élue pour la première fois, l'issue du duel entre Anne Hidalgo (socialiste) et Nathalie Kosciusko-Morizet (droite) étant plus incertaine que prévu.

"C'est le premier jour d'une ère nouvelle pour Hénin-Beaumont", a déclaré dimanche la présidente du Front National (FN), Marine Le Pen, alors que le candidat du FN, Steeve Briois, était formellement élu maire de cette ville du Nord, une semaine après sa victoire dès le premier tour.

Le FN pourrait remporter d'autres villes comme Fréjus (sud) ou Béziers (sud). Une conquête d'Avignon (sud), où le directeur du festival international de théâtre a menacé de délocaliser l'événement, aurait un retentissement considérable.

Cette percée de l'extrême droite révélatrice d'une désespérance sociale, devrait faire réagir l'exécutif rapidement. En remaniant probablement en début de semaine, François Hollande tentera d'éviter un règlement de comptes dans la famille socialiste, où les débats sont vifs sur la ligne suivie par l'exécutif.

"Bon courage !", a lancé dimanche à Nantes (ouest) un petit groupe d'électeurs à Jean-Marc Ayrault, devant le bureau de vote.

"Il faut laisser les Français s'exprimer, il faut leur faire confiance", a dit le Premier ministre, tout en reconnaissant qu'"il faudra tenir compte de leur message".

Il est désigné comme le bouc émissaire de l'échec des municipales, alors que le nom du populaire et ambitieux ministre de l'Intérieur Manuel Valls est le plus cité pour prendre la tête d'une équipe resserrée, devant celui du chef de la diplomatie Laurent Fabius.

Mais s'il rassure une majorité des Français pour sa posture de fermeté face à la délinquance et à l'immigration clandestine, Manuel Valls, 51 ans, hérisse une partie de la gauche qui ne lui pardonne pas ses "sorties" contre les Roms.

Vilipendé pour son manque de charisme, fidèle de François Hollande, Jean-Marc Ayrault garde des partisans qui vantent ses capacités à maintenir l'équilibre entre les composantes de la majorité.

Le patron des sénateurs écologistes Jean-Vincent Placé s'est prononcé pour le maintien du Premier ministre, tout en réclamant un cap "plus social".

Or les écologistes, qui comptent deux ministres (Logement et Développement) ont bénéficié du désaveu infligé par les électeurs au principal parti au pouvoir.

Un proche du président, le maire de Dijon (centre-est) François Rebsamen, a mis en cause le caractère "anxiogène" du programme de 50 milliards d'économies dans les dépenses publiques annoncé au début de l'année par François Hollande.

"Il ne lui est pas possible de changer de politique, vu les exigences européennes, alors que notre électorat attend une politique de relance", a commenté un député socialiste.

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