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Centrafrique: au moins 24 personnes tuées par des soldats tchadiens à Bangui selon un nouveau bilan

Au moins 24 personnes ont été tuées et plus d'une centaine gravement blessées samedi à Bangui par des soldats tchadiens qui ont tiré sur la population, selon un nouveau bilan communiqué dimanche soir par la municipalité de Bégoua.

Ces soldats tchadiens étaient venus rapatrier leurs compatriotes fuyant les violences en Centrafrique.

"Il y a déjà 24 corps recensés et ramassés, et plus de cent blessés graves" dans les quartiers nord de Bangui, a déclaré à la presse Odette Dombolo, maire de Bégoua, petite commune située en périphérie de la capitale, précisant que ces décomptes étaient encore provisoires.

Plus tôt, une source de la force africaine Misca avait fait état "d'au moins huit morts".

A Bégoua et dans les quartiers Gobongo et Galabadja, majoritairement chrétiens, "on continue de ramasser des corps, et les blessés sont de plus en plus nombreux. On est dépassés", a ajouté Mme Dombolo.

"Nous demandons aux autorités et aux humanitaires de nous venir en aide pour secourir les blessés parce que ce sont des cas graves", a-t-elle dit.

"Des maisons ont été incendiées par des tirs de roquettes. Un poteau électrique a même été coupé en deux vers Gobongo, ce qui démontre que les dégâts sont très importants du fait des armes utilisées", a encore affirmé la maire.

D'après un officier de la Misca s'exprimant sous couvert d'anonymat, "les soldats tchadiens ont été visés par une grenade qui a blessé l'un d'entre eux, et ils ont riposté".

Toutefois selon Brice Namsio, un des porte-parole des milices anti-balaka, "il s'agit d'une provocation. Des hommes, femmes et enfants, ont été tués innocemment alors que personne n'a attaqué les Tchadiens".

Des incidents surviennent régulièrement à Bangui entre d'un côté les milices anti-balaka et la population, majoritairement chrétiennes, et de l'autre les soldats tchadiens, accusés de complicité avec les ex-rebelles Séléka, majoritairement musulmans, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013 en Centrafrique.

Le cycle infernal des tueries interreligieuses dans le pays a été déclenché par des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants de la Séléka.

En réaction, des milices d'autodéfense à majorité chrétienne, les anti-balaka, se sont formées. Très rapidement, elles ont attaqué sans distinction anciens rebelles et civils musulmans, à Bangui notamment, sans que la Misca et les soldats français déployés dans le pays parviennent à les en empêcher.

acp/cl/de

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