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29/03/2014 04:37 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Une fin de semaine historique

La fin de semaine de baseball au Stade olympique a été qualifiée d'historique par le groupe evenko, promoteur et producteur de l'événement, samedi.

Les deux matchs de la Ligue des Pamplemousses opposant les Blue Jays de Toronto aux Mets de New York ont attiré un total de 96 350 personnes, soit 46 121 le vendredi soir et 50 229 le samedi après-midi.

Les Blue Jays ont remporté les deux duels. Victorieuse par la marque de 4-3 la veille, la formation torontoise a signé un gain de 2-0 lors du match du samedi.

« Nous sommes extrêmement satisfaits de la réponse du public, a dit son porte-parole, Simon Arsenault. Les deux matchs se sont avérés un excellent rayonnement pour Montréal. Les spectateurs se sont déplacés de partout au Québec, de l'Ontario et des États-Unis. »

Le pdg de la Régie des installations olympiques, Michel Labrecque, affirme que la première visite du Baseball majeur à Montréal en 10 ans a démontré l'utilité du Stade olympique.

« C'est une preuve de plus que le Stade olympique, avec plus de 50 000 sièges, demeure un amphithéâtre qui est capable de recevoir de grands événements sportifs. On accueille des événements culturels, des grands salons, etc., mais ça demeure un grand stade de sport. »

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, ne croit pas que l'engouement pour les matchs de la fin de semaine relevait uniquement de la nostalgie. Plusieurs jeunes amateurs ont assisté à ces rencontres, a-t-il fait remarquer.

« Ce n'est pas seulement de la nostalgie: il y a un désir, il y a un rêve. Quel moment exceptionnel. On avait dit dans notre étude que les Québécois et les Montréalais avaient le goût de voir du baseball, et bien aujourd'hui, ils sont là. »

Warren Cromartie, qui dirige Projet Baseball Montréal (PBM), a quant à lui réitéré qu'il souhaite que cet événement puisse devenir une tradition annuelle.

« Nous avons vu à quel point Montréal aime le baseball. Le Projet Baseball Montréal, en partenariat avec les Blue Jays et evenko, espère pouvoir répéter cet événement. Souhaitons que nous puissions le faire à tous les ans. »

Un hommage à 1994

Une vingtaine de joueurs et entraîneurs de l'édition 1994 des Expos ont été honorés avant le début du match.

Felipe Alou, Larry Walker, Darren Fletcher, Marquis Grissom et plusieurs autres ont été chaleureusement applaudis par la foule alors qu'ils défilaient un à un sur la surface de jeu du Stade olympique.

Les anciens Expos ont rappelé à quel point ils avaient apprécié la ville, et l'été 1994 en particulier.

Durant la saison 1994, les Expos étaient la meilleure équipe des Ligues majeures avec une fiche de 74 victoires et 40 défaites. La saison a toutefois été écourtée par le déclenchement de la grève des joueurs, le 12 août 1994, et le conflit a forcé l'annulation des séries éliminatoires et de la Série mondiale.

Nombreux sont ceux qui croient que les Expos avaient d'excellentes chances de remporter pour la première fois la Série mondiale.

« Tout le monde qui a joué cette saison a dû admettre par la suite que nous étions la meilleure équipe, a déclaré Felipe Alou, gérant de l'équipe de 1992 à 2001. Bobby Cox [ex-gérant des Braves d'Atlanta, qui ont dominé la Nationale dans les années 1990 et qui accusaient un retard de six matchs sur les Expos au déclenchement de la grève], m'a déjà dit qu'il aurait été très difficile de nous rattraper. Tom Glavine m'a dit la même chose. Ça, c'est une équipe qui gagnait année après année. »

Durant la cérémonie, Alou, aujourd'hui âgé de 78 ans, a affirmé qu'il souhaitait voir le retour du baseball à Montréal avant de mourir.

Plusieurs membres de l'édition 1994 des Expos ont aussi admis qu'ils estimaient qu'une partie de leur carrière avait été volée par le conflit.

Pour ceux qui sont revenus avec les Expos en 1995, la vente de feu du camp d'entraînement a été un autre coup difficile à encaisser, puisqu'ils estimaient pouvoir connaître les mêmes succès en conservant le même noyau de joueurs.

Pour plusieurs d'entre eux, cette grève et la vente de feu subséquente ont marqué le début de la fin de la concession à Montréal.

« C'est un peu aigre-doux comme sensation, a renchéri Cliff Floyd. Vous vous rappelez des bons moments, mais ce qu'on aurait dû souligner [samedi] ce sont les 20 ans de notre conquête de la Série mondiale. Ça aurait dû être une cérémonie de remise des bagues!

« Mais on garde de bons souvenirs, on a eu de super moments. Ce qui m'attriste le plus, c'est de ne pas avoir été en mesure d'offrir à cette ville une participation à la Série mondiale. »

Par contre, ils croient de façon unanime qu'une concession des Ligues majeures reviendra un jour à Montréal, et ils appuient le projet de Cromartie.