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"On torture toujours beaucoup au Brésil", 50 ans après le coup d'Etat

"On torture toujours beaucoup au Brésil" parce que le pays n'a toujours pas jugé les crimes de la dictature, 50 ans après le Coup d'Etat militaire du 31 mars 1964, affirme le coordinateur de la Commission de la Vérité, l'avocat Pedro Dallari, dans un entretien à l'AFP.

Cette Commission a été lancée le 16 mai 2012 par la présidente Dilma Rousseff, emprisonnée et torturée sous le régime militaire, et devrait conclure ses travaux en décembre.

Voici un résumé de l'entretien:

Nous allons obtenir un tableau d'informations très complet sur les violations des droits de l'Homme. Le mois dernier nous avons commencé à diffuser des rapports préliminaires sur des cas concrets. Nous en avons produit un très ample sur la "Maison de la Mort" à Petropolis (dans l'Etat de Rio de Janeiro), probablement le plus grand centre clandestin de torture et d'extermination du pays.

Les Forces armées résistent beaucoup à ce que l'on enquête mais ce ne sont pas les actuels commandants qui ne sont pas de cette époque. Les officiers de réserve exercent une pression très grande pour que les Forces armées n'aident pas les travaux de recherches de la Commission de la Vérité.

Je crois que le plus important est la diffusion de notre rapport qui va sensibiliser la société. L'impact qu'aura ce rapport pourra conduire la société à exiger la révocation de cette loi qui a permis le retour des exilés politiques, mais protège aussi les tortionnaires.

Le chiffre officiel concerne les morts et disparus pour des raisons politiques. Mais il y a eu aussi de graves violations des droits de l'Homme contre des paysans et des indiens. Nous élargissons nos recherches mais nous n'avons pas encore ces chiffres.

Il s'agit d'un droit à la mémoire et à la vérité, pour que la société connaisse son passé. En ce qui concerne les graves violations des droits de l'Homme, le but est de faire que cela ne se reproduise jamais.

On torture encore beaucoup au Brésil parce qu'il n'y a pas eu de description claire, ni de combat, de pratiques survenues dans le passé. L'an dernier, nous avons eu le cas d'Amarildo de Souza, un travailleur d'une favela de Rio qui a été arrêté et conduit au poste où il a été torturé et assassiné. Son corps a disparu jusqu'à aujourd'hui. Cela s'est passé en 2013, dans les mêmes conditions que l'assassinat du député Rubens Paiva, en 1971.

ym/cdo/ob

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