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29/03/2014 03:25 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

Le Parlement de Cuba approuve une nouvelle loi sur les investissements étrangers

LA HAVANE, Cuba - Les parlementaires cubains ont approuvé, samedi, une loi visant à rendre le pays plus attirant pour les investisseurs étrangers qui souhaitent y faire des affaires, une mesure que plusieurs estiment essentielle pour permettre à l'économie de l'île de reprendre du poil de la bête.

Réunis à l'occasion d'une séance extraordinaire, les quelque 600 députés ont remplacé une loi de 1995 qui n'avait pas eu les effets escomptés par les leaders communistes de Cuba sur le plan des investissements étrangers.

Le PIB de l'île a crû de 2,7 pour cent l'an dernier, un taux inférieur aux prévisions et un résultat faible en comparaison avec la moyenne des pays en développement. Aux dires de responsables gouvernementaux, l'économie a besoin d'une croissance annuelle de 5 à 7 pour cent pour se développer correctement.

«Cuba a besoin de 2 à 2,5 milliards $ US en investissements étrangers directs par année pour faire progresser son modèle socio-économique socialiste, et pour le rendre prospère et durable», estime Marino Murillo, un vice-président et le responsable des réformes économiques du président Raul Castro.

L'approbation de la nouvelle législation a été annoncée par la télévision d'État samedi après-midi. Les journalistes étrangers n'ont pas eu accès à la réunion tenue à huis clos. Les médias officiels ont toutefois fourni certains détails au cours des derniers jours.

Entre autres choses, la loi coupera de moitié l'impôt sur les bénéfices des sociétés, qui s'élèveront à 15 pour cent, et exemptera d'impôt les entreprises pour les huit premières années suivant le début de leurs activités.

Le taux d'imposition pour les compagnies exploitant les ressources naturelles, comme le nickel ou les combustibles fossiles, atteindra toutefois jusqu'à 50 pour cent.

Plusieurs étrangers faisant des affaires à Cuba pourront aussi bénéficier d'une exemption d'impôt personnel.

De plus, les projets d'investissement entièrement détenus par des intérêts étrangers seront officiellement permis, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Selon l'économiste d'origine cubaine Carmelo Mesa-Lago, ces réformes pourraient envoyer un message positif, mais il est encore trop tôt pour le savoir avec certitude.

«Le test de cette loi est de savoir comment elle sera mise en pratique», dit-il.

Les investissements étrangers devraient être permis dans tous les secteurs, sauf dans le domaine de la santé et de l'éducation, chose impensable jusqu'à maintenant.

Les remarques de M. Murillo portent toutefois à croire que le gouvernement prévoit continuer de conserver à tout le moins un rôle de chien de garde «pour qu'il n'y ait pas de concentration de propriété».

Cette nouvelle loi fait partie des réformes lancées par le président Raul Castro en 2008 dans le but de mettre à jour le modèle économique de l'île.

Des centaines de milliers de Cubains peuvent maintenant travailler en dehors de l'État en toute légalité, même si les autorités cubaines ont affirmé ne pas vouloir abandonner le socialisme.

Selon des analystes, Cuba doit démontrer qu'elle est véritablement ouverte aux investissements privés étrangers après près de cinq décennies d'une économie contrôlée par le gouvernement.