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29/03/2014 11:49 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

L'accès à Twitter est toujours bloqué en Turquie en dépit d'un second jugement

ANKARA, Turquie - Dans un deuxième jugement contre l'interdiction de Twitter en Turquie, un tribunal a renversé un verdict ordonnant au réseau social de fermer un compte accusant un ancien ministre de corruption, ont rapporté plusieurs médias, samedi.

La semaine dernière, Ankara avait bloqué l'accès à Twitter, qui servait de relais pour des liens vers des enregistrements suggérant l'existence de corruption au sein du gouvernement du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui subira le test des urnes lors d'élections locales, dimanche.

Le gouvernement a plus tard fait de même avec YouTube après qu'un enregistrement audio d'une importante réunion en matière de sécurité, où des responsables auraient discuté d'une intervention militaire dans la Syrie voisine, eut été mis en ligne sur le site.

Twitter, qui conteste l'interdiction devant les tribunaux turcs, a annoncé vendredi soir qu'une cour d'Istanbul avait tranché en sa faveur concernant le compte qui accuse l'ex-ministre des Transports Binali Yildirim de corruption. L'entreprise a qualifié la décision de «victoire pour la liberté d'expression».

L'avocat du ministre a confirmé le jugement samedi, ajoutant que la décision serait portée en appel.

Un autre tribunal avait ordonné la semaine passée que l'accès à Twitter soit rétabli, mais les autorités turques avaient affirmé disposer de 30 jours pour se plier à cette décision, qui pourrait aussi faire l'objet d'un appel.

Plusieurs utilisateurs ferrés en informatique, y compris le président turc, Abdullah Gül, ont trouvé des moyens pour contourner l'interdiction de Twitter et de YouTube.

M. Gül a d'ailleurs condamné le geste du gouvernement Erdogan en utilisant son compte Twitter pour publier une série de messages critiquant l'interdiction.

Vendredi, son bureau a diffusé une vidéo sur YouTube dans laquelle on peut entendre le président dénoncer la rencontre de sécurité secrète et exiger que les responsables soient retrouvés et punis.