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29/03/2014 04:09 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

Italie: 20 ans de prison pour avoir engagé 2 hommes pour défigurer à l'acide son ancienne petite amie

Un avocat italien a été condamné à 20 ans de prison pour avoir loué les services de deux hommes pour jeter de l'acide sur le visage de son ancienne petite amie qui a été sérieusement défigurée.

Lucia Annibali, dont le visage défiguré est devenu en Italie le symbole de la lutte contre la misogynie et les violences faites aux femmes, a déclaré qu'elle était satisfaite de ce verdict mais que rien "ne pouvait la dédommager de ce qu'elle avait subi".

Luca Varani, 37 ans, a été reconnu coupable d'avoir commandité l'attaque de Lucia Annibali lorsqu'elle a découvert qu'il était sur le point de devenir le père d'un enfant qu'il avait fait avec une autre femme et l'a quitté.

Il a fini par reconnaître qu'il avait demandé à deux Albanais de jeter de l'acide sur la voiture de Lucia Annibali dans ce qui, selon ses dires devant le tribunal, "était une plaisanterie odieuse qui a mal tourné".

Les Albanais Rubin Talaban et Altistin Precetaj ont écopé chacun de 14 ans de prison pour cette agression survenue en avril 2013.

Luca Varani, qui a été arrêté au lendemain de l'agression alors qu'il essayait de se rendre aux États-Unis, avait déjà mis en danger la vie de son ancienne petite amie en trafiquant la cuisinière à gaz de son domicile, indique la presse italienne.

Lucia Annibali, qui a subi sept interventions chirurgicales au visage, a été décorée de l'Ordre du Mérite par le président italien Giorgio Napolitano en novembre dernier et est devenue le porte-drapeau d'une campagne visant à mettre aux violences dont les femmes sont la cible.

La porte-parole de la chambre basse du Parlement Laura Boldrini, elle-même victime d'agressions verbales dont des menaces de viol, a rendu hommage, après le verdict, au "courage extraordinaire" de Lucia Annibali.

"Le visage et les mots de Lucia ont apporté une contribution fondamentale à notre lutte. Plusieurs femmes, grâce à son exemple, sortent de leur silence pour réaffirmer que les violences contre les femmes, lorsqu'elles sont commises à l'intérieur de la maison, ne sont jamais une affaire privée" a-t-elle souligné.

L'Italie a adopté l'an dernier une série de mesures pour faire face à l'escalade des violences aux femmes émanant d'époux ou d'amants et est devenue le cinquième membre du Conseil de l'Europe à ratifier la convention d'Istanbul, un traité destiné à lutter contre les violences de ce type.

Selon l'Institut national italien des statistiques, 124 femmes ont été tuées en 2012 dont un tiers du fait de violences domestiques.

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