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29/03/2014 01:23 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

Emotions Xtrême à Verbier, l'épreuve culte des maîtres du freeride

Nul autre que les meilleurs spécialistes de freeride de la planète n'aurait l'idée d'aller dévaler une face vertigineuse truffée de barres rocheuses comme ils l'ont fait samedi à Verbier, lors de la compétition culte de l'hiver.

A 3200 m d'altitude trône le Bec des Rosses, une pyramide des neiges peu invitante, qui sert de théâtre à l'Xtrême de Verbier depuis 1996 et depuis quelques années à la grande finale du Freeride Word Tour, le circuit réservé à l'élite.

Steve Klassen "en rêve toute l'année". A 49 ans, le snowboardeur californien s'est lancé pour la 16e fois dans ce dédale de crêtes, couloirs et barres rocheuses, qui servent de tremplins aux orgueilleux.

"Quand vous arrivez à faire une belle descente en restant sur vos jambes d'un bout à l'autre, c'est une sensation fantastique et indescriptible. Et cette sensation rend accroc, c'est pourquoi vous revenez tous les ans", avance le Californien.

- Des heures d'inspection -

Des lignes, il en a ouvertes de tous les côtés au fil des années: "Je connais un bon bout sur le Bec des Rosses, je sais où les rochers se trouvent, mais on ne s'y habitue pas. Cela reste toujours exigeant. Je suis toujours aussi nerveux au départ, c'est fou".

La face reste immaculée avant la course. Les riders ne peuvent la toucher qu'avec les yeux, inspectant le Bec des Rosses minutieusement aux jumelles pour trouver la ligne qu'ils devront concrétiser en course le jour-J.

"Je crois que je peux la dessiner de mémoire sur une feuille maintenant", estime le Suédois Reine Barkered, vainqueur samedi de l'épreuve en skis pour la deuxième fois. Le champion du monde de freeride 2012 a passé la première fois 10 heures à inspecter la face aux jumelles et sur des photos à l'ordinateur; il lui en faut 5 désormais.

"Il faut bien repérer quand on examine de là, car une fois qu'on est dans l'autre sens, au départ, on ne voit plus rien. Il faut vraiment être sûr de notre ligne pour ne pas sauter les barres qu'on ne veut pas", explique la Française Elodie Mouthon.

Le Bec des Rosses convient à son style engagé: deuxième participation et deuxième victoire pour la snowboardeuse, qui s'est imposée devant sa soeur jumelle Anouck.

Entre les dames et les messieurs, la différence d'audace est égale au dénivelé entre leurs points de départ respectifs. Les hommes n'hésitent pas à ajouter une figure comme un salto arrière ou un 360 degrés dont est friand le nouveau champion du monde de freeride à ski, le Français Loic Collomb-Patton.

"Le niveau n'a cessé de monter. Avec la descente qui m'a permis de gagner dans les années 90, je serais probablement dernier aujourd'hui", estime Steve Klassen. Les chutes sont inévitables et impressionnantes, mais rarement douloureuses.

- Piégé -

Le guide suisse Samuel Anthamatten a bien causé un gros frisson dans l'assistance en roulant sur une centaine de mètres verticalement, mais il est retombé sur ses pattes comme un chat, avec la lèvre ouverte.

Les six juges qui suivent la progression des coureurs aux jumelles sont sensibles à l'originalité du choix de la ligne, à la maîtrise des sauts de barres rocheuses, à la fluidité de l'exécution, et pénalisent fortement celui qui semble s'être perdu dans la montagne et hors contrôle.

"Il y a quelques années, je me suis retrouvé piégé dans des coins pas terribles. Il y en a un particulièrement effrayant dont je me rappelle spécifiquement mais on arrive quand même à s'en sortir", raconte Steve Klassen. Et d'insister: "cette face est incroyable, excitante, radicale. Si vous tombez du sommet, vous pouvez probablement vous tuer. Il faut donc faire ce qu'il faut pour rester sain et sauf, ce qui veut dire skier aussi propre que possible".

stp/jta