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29/03/2014 12:47 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

Dans une Syrie déchirée par les bombes, al-Assad est en campagne électorale

BEYROUTH - Le président syrien Bachar al-Assad prépare tranquillement le terrain pour tenir des élections, d'ici le début de l'été, afin de remporter un nouveau mandat de sept ans, alors même que la guerre civile syrienne en est à sa quatrième année, et que de vastes parts du pays sont soit en ruine, soit sous contrôle de l'opposition. Près du tiers de la population a par ailleurs été déplacé par les combats.

Dans la foulée des destructions, qui ont fait plus de 140 000 morts, des élections présidentielles peuvent sembler impossibles, mais des responsables syriens insistent sur le fait qu'elles seront tenues à temps.

Cette élection est essentielle selon la vision du conflit projetée par le gouvernement sur la scène internationale. Lors de négociations de paix ratées plus tôt cette année à Genève, des responsables syriens ont catégoriquement refusé qu'al-Assad démissionne face à la rébellion. Ils ont plutôt présenté les élections comme une solution à la crise.

Si le peuple choisit al-Assad, les combats devraient prendre fin; si le président perd, alors il partira.

Pour des observateurs, cependant, il est ridicule de penser qu'un vote pourrait refléter un véritable choix, et qu'al-Assad est sûr de gagner. Il serait impossible d'installer des bureaux de vote dans les régions contrôlées par les rebelles; dans les zones pro-gouvernementales, plusieurs n'oseront pas voter contre le président, par crainte de la police secrète qui surveille les élections depuis belle lurette.

«Il y a un fossé entre ce qui se passe dans la tête du président syrien et la réalité, affirme Hilal Khashan, un politologue de l'Université américaine de Beyrouth. Il peut tenir des élections, et si la communauté internationale prend ces élections au sérieux, alors il y a vraiment un problème avec la communauté internationale.»

Al-Assad et sa femme sont récemment sortis de mois d'isolement pour effectuer des visites à saveur électorale, se rendant entre autres dans des écoles et des camps de réfugiés dans une campagne visant à restaurer la confiance et l'optimisme dans cette nation déchirée par la guerre.

Alors que les combats se poursuivent sur le terrain, il est impossible de savoir ce à quoi ressemblera le champ de bataille à l'été. Mais, pour l'instant, al-Assad a de bonnes raisons de se sentir rassuré, grâce à de récents gains.

Personne n'a encore annoncé une quelconque candidature contre le président sortant.