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29/03/2014 08:10 EDT | Actualisé 29/05/2014 05:12 EDT

Algérie: manifestation pour un blogueur incarcéré après la plainte d'une TV privée

Quelques dizaines de personnes ont manifesté samedi à Alger pour demander la libération d'un blogueur en détention préventive depuis janvier suite à la plainte d'un journaliste d'une chaîne de télévision privée, selon une journaliste de l'AFP.

Omar Ferhat, 24 ans, est accusé d'+injures et de menaces+ par un journaliste de la chaîne privée de télévision Ennahar TV", a indiqué son avocat Me Amine Sidhoum, joint au téléphone par l'AFP.

"Il est en détention provisoire à la prison (de haute sécurité) de Serkadji à Alger depuis janvier alors que des personnes accusées dans des affaires plus graves ne le sont pas", a déploré Me Sidhoum.

Selon l'avocat, Omar Ferhat couvrait en janvier avec un ami une protestation de Ali Belhadj, un responsable islamiste connu, interdit d'activité politique dans les années 1990, et qui réclamait son droit à être candidat à la présidentielle de 2014.

"Un cameraman d'Ennahar TV voulait les filmer. Ils ont refusé et s'en est suivie une altercation avec le journaliste de cette chaîne privée" satellitaire, a-t-il relaté.

"Le lendemain, le quotidien algérien Ennahar (du même groupe que la chaîne) a publié en Une des photos de Omar Ferhat et de son ami avec comme titre +Ils soutiennent les groupes terroristes+", a ajouté l'avocat.

Le blogueur a alors téléphoné au journaliste d'Ennahar TV avec lequel il a eu une altercation. "Le journaliste a enregistré la conversation (...) et a déposé plainte" contre lui. Ferhat a été incarcéré suite à un complément d'enquête, selon l'avocat.

"Libérez Omar Ferhat, libérer Karim Kaki (son nom de blogueur)", scandaient les manifestants dont sa mère et son frère devant la Grande poste à Alger.

"Mon fils est ingénieur en électronique. Il devait commencer à travailler le lendemain du jour où il a été arrêté, il devrait être libre", s'est insurgée sa mère, Fatma Ferhat.

Un autre blogueur, Abdelghani Aloui, 24 ans, qui avait publié sur la toile un photomontage et des caricatures brocardant le président Abdelaziz Bouteflika, a été inculpé pour "outrage à corps constitués" et "apologie du terrorisme et placé sous mandat de dépôt en septembre à Alger. "Il devrait être jugé après l'élection présidentielle du 17 avril", selon Me Sidhoum.

En juin 2012, un blogueur avait été condamné à huit mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende pour avoir appelé sur le net à boycotter les législatives.

amb/vl