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28/03/2014 01:04 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Violences dans l'ouest birman: une fillette tuée par accident (police)

Une fillette de 11 ans a été tuée par une balle perdue lorsque les forces de sécurité ont dispersé par des tirs de semonce une foule attaquant un bâtiment de l'ONU dans l'ouest de la Birmanie, a indiqué la police vendredi.

"Une petite fille de 11 ans a été tuée par balle alors qu'elle était à l'intérieur de sa maison (...) quand les forces de sécurité ont tiré pour disperser les gens devant un entrepôt du Programme Alimentaire Mondial" jeudi, a précisé le lieutenant-colonel Min Aung à l'AFP, indiquant qu'il n'y avait pas d'autre victime.

La situation était calme vendredi matin, après l'instauration d'un couvre-feu du crépuscule à l'aube, a-t-il ajouté.

Ces deux derniers jours, des centaines de bouddhistes ont pris pour cible les locaux de plusieurs groupes humanitaires et des Nations unies à Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine secoué depuis 2012 par des violences communautaires visant principalement les musulmans de la minorité apatride des Rohingyas.

Les bouddhistes de la minorité Rakhine accusent les humanitaires étrangers, dont ils réclament le départ, de privilégier les musulmans lors de leurs opérations.

Les attaques qui avaient commencé mercredi contre les locaux de Malteser International, bras humanitaire de l'Ordre de Malte, ont provoqué la "profonde inquiétude" de l'ONU et des Etats-Unis.

Au total, plus de 70 travailleurs humanitaires, dont la moitié d'étrangers, ont dû être placés sous protection policière.

Selon la police, la foule en colère accusait une employée américaine de Malteser d'avoir manqué de respect à un drapeau bouddhiste.

Des drapeaux bouddhistes ont été accrochés à travers Sittwe en signe de protestation contre les musulmans, à quelques jours du premier recensement dans le pays depuis 1983, qui risque encore d'enflammer les tensions dans la région.

Malteser a confirmé qu'un drapeau bouddhiste avait été enlevé de son bâtiment pour préserver son impartialité, mais a nié tout geste non respectueux.

Ces nouvelles violences ont provoqué la "profonde inquiétude" des Etats-Unis et de l'ONU.

En 2012, l'Etat Rakhine avait été secoué par deux vagues de violences entre Rakhines et Rohingyas, qui avaient fait plus de 200 morts et 140.000 déplacés, principalement des musulmans toujours abrités dans des camps.

Médecins sans frontières (MSF), qui fournissait notamment des soins de santé primaire à des milliers d'habitants de zones isolées peuplées majoritairement de Rohingyas, a été expulsé le mois dernier de la région après une série de manifestations.

Des experts avaient craint que cette décision ne soit vue par les nationalistes rakhines comme un soutien à leur cause.

Quelque 800.000 Rohingyas, considérés par l'ONU comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète, vivent confinés dans l'Etat Rakhine.

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