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28/03/2014 12:43 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Turquie/internet: des experts de l'ONU condamnent les blocages

Des experts de l'ONU en droits de l'Homme ont condamné vendredi le blocage des réseaux sociaux Twitter et YouTube par la Turquie, après des fuites gênantes pour Ankara.

"Le droit à la liberté d'opinion et d'expression constitue un pilier central des sociétés démocratiques modernes. Bloquer les accès à YouTube et Twitter limite excessivement ce droit fondamental", a affirmé l'expert de l'ONU en charge de ces questions, Frank La Rue.

"Les préoccupations relatives à la sécurité nationale peuvent être légitimes, mais les limitations au droit de rechercher, recevoir et répandre des informations doivent être conformes aux critères de nécessité et de proportionnalité au but recherché", a-t-il dit, dans un communiqué.

Une semaine après le réseau Twitter, le gouvernement turc a bloqué jeudi l'accès à la plateforme YouTube après la diffusion sur internet de l'enregistrement d'une réunion confidentielle évoquant une intervention militaire turque en Syrie.

Malgré l'interdiction ordonnée par l'autorité turque des télécommunications (TIB) jeudi, la plateforme YouTube restait largement accessible vendredi en Turquie.

Ce nouveau rebondissement a encore tendu un peu plus le climat politique en Turquie, à deux jours d'élections municipales aux allures de référendum pour le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, de plus en plus contesté pour sa dérive autoritaire après douze ans de règne à la tête du pays.

Pour M. La Rue, le blocage de YouTube et Twitter, en période pré-électorale, est d'autant plus préoccupant.

"Les standards internationaux sont clairs: la libre communication des pensées et des opinions relatives à des questions publiques et politiques (...) est essentielle", a-t-il relevé.

La légitimité des élections pourrait même être remis en cause du fait justement de ces interdictions, a assuré de son côté l'expert de l'ONU sur la liberté de réunion, Maina Kiai.

Pour Margaret Sekaggya, expert de l'ONU sur la situation des défenseurs des droits de l'Homme, "bloquer les accès à Twitter et YouTube porte aussi un coup à la liberté de réunion pacifique, étant donné que les gens utilisent de plus en plus les réseaux sociaux pour se mobiliser et organiser des manifestations pacifiques, spécialement dans le contexte d'élections".

jwf/apo/bir