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28/03/2014 01:19 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Syrie: le régime, principal responsable du blocage humanitaire (ambassadeur britannique à l'ONU)

Le régime syrien est le principal responsable du blocage de l'aide humanitaire en Syrie, a affirmé vendredi l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant.

Il s'exprimait à l'issue de consultations à huis clos entre les membres du Conseil de sécurité sur un rapport de l'ONU sur l'accès humanitaire en Syrie. Les 15 pays membres ont entendu un compte-rendu de la situation par la patronne des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos.

Le rapport, remis lundi au Conseil, souligne que l'accès des organisations humanitaires à la population syrienne "reste extrêmement difficile". Il exhorte le gouvernement syrien et l'opposition à faciliter la livraison des secours, notamment des médicaments, aux 9,3 millions de Syriens qui ont besoin d'aide humanitaire.

"Le gouvernement syrien a clairement une responsabilité écrasante" dans ce manque d'accès, a affirmé l'ambassadeur britannique. Il a ajouté qu'il avait "commencé à discuter avec ses collègues du Conseil des mesures supplémentaires (qui) pourraient être prises" pour obliger Damas à coopérer. "Nous sommes en train de constituer un faisceau de preuves solides", a-t-il souligné.

Mme Amos a décrit au Conseil certaines des décisions prises par Damas sur la distribution de l'aide humanitaire comme étant "arbitraires et injustifiées", a-t-il indiqué.

En février, le Conseil avait appelé dans une résolution tous les belligérants à permettre l'entrée d'aide aux civils à travers les frontières terrestres. La résolution demandait notamment la levée des sièges de plusieurs villes syriennes et la fin des largages de "barils explosifs" sur les civils par l'armée de l'air syrienne.

Cette résolution ne prévoit pas de sanctions automatiques en cas de non respect de ses dispositions mais laisse ouverte la possibilité pour le Conseil d'agir ultérieurement contre les récalcitrants.

Mais il faudra une nouvelle décision du Conseil et des diplomates s'attendent à ce que la Russie mette son veto à toute sanction contre son allié syrien, comme elle l'a déjà fait à trois reprises depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

Depuis la résolution de février, le gouvernement a autorisé l'entrée de l'aide venant de Turquie comme le demandait l'ONU mais uniquement à travers le point de passage de Qamichli, dans le nord-est du pays, le seul poste-frontière avec la Turquie encore sous son contrôle.

Les huit autres postes-frontières avec la Turquie sont aux mains des jihadistes ou des rebelles, qui ont pris récemment celui de Kassab, dans l'ouest.

Répondant à l'ambassadeur britannique, son collègue syrien Bachar Jaafari a rejeté ses arguments et a estimé que le rapport de l'ONU "manquait d'informations crédibles".

avz