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28/03/2014 08:43 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

L'ex-chef du NPD dénonce la réforme de la loi électorale du gouvernement Harper

OTTAWA - Les politiciens de gauche et de droite ont l'habitude de s'opposer sur les dossiers économiques, sociaux et environnementaux; l'ancien chef du Nouveau Parti démocratique, Ed Broadbent, ajoute maintenant la démocratie à la liste des dossiers qui différencient les progressistes des conservateurs, du moins au Canada.

M. Broadbent estime que la réforme de la loi électorale proposée par le gouvernement Harper a transformé ce qui était auparavant une valeur partagée par tous les partis fédéraux en nouveau champ de bataille idéologique.

Dans un discours préparé pour le sommet inaugural du groupe de réflexion progressiste qui porte son nom, M. Broadbent affirme que les progressistes doivent maintenant se porter à la défense des valeurs démocratiques fondamentales, ce qui n'était pas nécessaire il y a 10 ans.

Il estime que la réforme de la loi électorale équivaut aux tactiques de découragement du vote employées par les républicains aux États-Unis.

M. Broadbent doit prononcer ce discours samedi matin pour accueillir les participants du «sommet sur le progrès» de l'Institut Broadbent. Le texte du discours a été transmis à La Presse Canadienne vendredi.

L'ancien chef néo-démocrate affirme que durant ses 24 années au Parlement, aucun premier ministre n'a tenté de truquer la loi électorale ou de décourager la participation des électeurs, comme il accuse le gouvernement Harper de le faire.

«Avant Stephen Harper, les changements dans les institutions électorales — les règles du jeu — se faisaient toujours sur la base du consensus de tous les partis. (...) Il a agi unilatéralement et non démocratiquement», affirme-t-il dans le texte.

M. Broadbent, qui a travaillé dans plusieurs pays en développement en tant que président de Droits et Démocratie, un groupe pro-démocratique et non partisan créé par le Parlement dans les années 1990, souligne que le Canada était autrefois considéré comme «une démocratie modèle».

«Aujourd'hui, alors que le premier ministre fait la promotion de la démocratie en Ukraine, nous avons 19 experts sérieux de plusieurs pays qui le dénoncent publiquement pour sa répression de la démocratie au pays.»

Des experts de la démocratie et des élections, au Canada comme à l'étranger, ne ménagent pas leurs critiques sur la réforme proposée de la loi électorale. Ils craignent que la réforme prive de leur droit de vote des centaines de milliers d'électeurs, muselle le directeur général des élections et donne un net avantage au parti politique qui a le plus d'argent et la plus importante base de données — qui se trouve à être le Parti conservateur de Stephen Harper.