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28/03/2014 10:17 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Le directeur général des élections dément se préparer pour un référendum

MONTRÉAL - Le directeur général des élections (DGE), Jacques Drouin, a été forcé de remettre les pendules à l'heure et de s'excuser, vendredi, après des propos de son porte-parole, Denis Dion, qui l'ont mis dans l'embarras.

Dans une entrevue au quotidien Le Soleil, M. Dion a affirmé qu'advenant l'élection d'un gouvernement péquiste majoritaire, le DGE entamerait aussitôt des préparatifs en vue de la tenue d'un référendum.

«Il n'y a, à l'heure actuelle, aucun travail de planification, d'analyse pour préparer un référendum dans les prochaines années», a déclaré Jacques Drouin en entrevue avec La Presse Canadienne.

«Il n'y a rien de fait. Ce n'est même pas quelque chose dont on a discuté dans nos rencontres de comité de direction au cours des dernières semaines d'aucune façon», a-t-il ajouté.

En fait, le directeur général des élections est davantage préoccupé par le travail qu'il devra faire au lendemain d'une élection dans un contexte où rien n'est gagné d'avance.

«Nous allons commencer par terminer l'événement qui est en cours et après ça nous analyserons les résultats. Sommes-nous en présence d'un gouvernement minoritaire ou majoritaire? Et nous allons recommencer à nous préparer, plus rapidement si c'est un minoritaire, mais plus lentement si c'est un gouvernement majoritaire. J'ai beaucoup plus dans l'esprit de me préparer pour une prochaine élection générale que de me préparer pour un référendum», a-t-il dit.

M. Drouin fait d'ailleurs valoir qu'il serait moins pressé de se préparer dans l'hypothèse d'un éventuel référendum.

«Pour qu'il y en ait un, il faudra avoir une loi à cet effet et cette loi nous donnerait le temps de nous préparer en conséquence», a-t-il dit.

Selon le DGE, la Loi sur la consultation populaire devra aussi être sérieusement mise à jour avant d’entreprendre quelque opération de ce genre à l’avenir.

Quoi qu'il en soit, le directeur reconnaît qu'il n'a pas plus d'outils de divination que quiconque en matière de consultation populaire et que lui et son équipe doivent humer l'air du temps comme tout le monde.

«Nous allons faire comme nous le faisons pour une élection générale. Nous allons mesurer la température, écouter les déclarations des ministres, des députés. Si c'est un gouvernement qui veut faire un référendum, nous allons suivre les médias et se donner une veille électorale ou une veille référendaire, selon le cas, pour s'assurer d'être prêts», a-t-il dit.

Plus tôt en journée, le DGE avait diffusé un communiqué dans lequel il s'excusait auprès des électeurs et de la population pour la confusion que les propos de son porte-parole avaient pu engendrer.

Interrogée sur les conséquences de cet incident, la chef péquiste Pauline Marois, qui cherche à se distancer de la question référendaire depuis plusieurs jours, a simplement indiqué qu'elle acceptait les excuses du directeur général des élections.

Auparavant, toutefois, la ministre sortante Agnès Maltais avait fait une sortie en règle contre le DGE et son porte-parole lors d'une entrevue sur les ondes d'une station de radio de Cogeco, à Québec.

«Je ne comprends pas ce que M. Dion vient de faire là, de s'immiscer dans la campagne en disant ça, a déclaré Mme Maltais. On n'a jamais pensé ça, on n'a jamais vu ça. Le DGE vient de faire quelque chose que jamais nous n'avons évoqué.»

Lorsque l'animateur a cherché à pousser la question un peu plus loin en lui demandant s'il pouvait y avoir un référendum, Mme Maltais a tout à coup haussé le ton en lui coupant la parole: «Wow! Entrons dans la campagne de peur, let's go! C'est très libéral, oui! Let's go dans la campagne de peur», a-t-elle lancé.