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28/03/2014 01:45 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

La CIJ décide lundi si Tokyo peut chasser la baleine dans l'Antarctique

Le plus haut organe judiciaire des Nations unies décide lundi si le Japon a le droit de chasser la baleine dans l'Antarctique, dans un arrêt décisif, selon les écologistes, pour la survie de ce mammifère marin.

Le président de la Cour Peter Tomka rendra l'arrêt de cet organe international lundi à 8h00 GMT au siège historique de la CIJ au Palais de la Paix de La Haye.

L'Australie avait saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) en 2010, affirmant que le Japon pratiquait une chasse à l'échelle commerciale sous couvert d'un programme de recherche scientifique.

Canberra, estimant que Tokyo détournait de la sorte un moratoire de 1986 n'autorisant la chasse à la baleine qu'à des fins scientifiques, avait dès lors demandé à la CIJ, qui siège à La Haye, d'ordonner au Japon l'arrêt de son programme de recherche Jarpa II.

Lors d'audiences publiques en 2013, l'Australie avait accusé le Japon, pour qui la chasse à la baleine est une tradition, de "faire porter à la chasse commerciale la blouse blanche de la science".

Le Japon soutient de son côté que ses activités sont scientifiques, mais ne cache pas que la chair des baleines chassées termine sur les étals nippons.

Officiellement, la recherche menée par le Japon a pour but de déterminer si une chasse commerciale est viable, et les recettes de la vente de chair de baleine servent en partie à financer cette recherche.

Selon Canberra, le Japon a chassé plus de 10.000 baleines entre 1987 et 2009, principalement des petits rorquals (baleines de Minke).

Le programme vise également les rorquals communs et les baleines à bosse, deux espèces considérées comme en danger, mais l'Australie reconnaît qu'aucune baleine à bosse n'a été tuée dans le cadre de Jarpa II.

Lors des audiences publiques, Tokyo avait assuré que "le Japon a toujours vécu en harmonie avec la nature au cours de son histoire". "Entouré par la mer, le Japon sera le dernier pays à utiliser abusivement les baleines".

Les avocats du Japon avaient également dit comprendre que la question de la chasse à la baleine était sensible en Australie, mais souligné que "les hommes et leurs cultures perçoivent les animaux de manières différentes".

Japon et Australie ont tous deux assuré qu'ils respecteraient le jugement, quel qu'il soit.

Les militants de l'association Sea Shepherd suivent de très près les débats devant la CIJ, eux qui harcèlent les baleiniers japonais dans l'Antarctique pour les empêcher de chasser, une pratique pouvant mener à des affrontements musclés.

En avril 2013, le Japon avait indiqué que le nombre de baleines chassées en Antarctique lors de la campagne 2012-2013 était au plus bas en raison du harcèlement permanent des écologistes.

La Norvège et l'Islande sont les deux seuls pays au monde à officiellement pratiquer la chasse à la baleine à l'échelle commerciale en vertu d'une objection introduite contre le moratoire de 1986 de la Commission baleinière internationale (CBI) qui interdit toute chasse commerciale.

Créée en 1945, la CIJ est l'organe judiciaire suprême des Nations unies et le seul de ses cinq principaux organes judiciaires à ne pas avoir son siège à New York.

Les jugements de la CIJ sont contraignants et sans appel.

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