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28/03/2014 08:45 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Corée du Nord: un organe de l'ONU veut que le Conseil de sécurité soit saisi

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a demandé vendredi que le Conseil de sécurité se saisisse de la question des crimes contre l'humanité en Corée du Nord afin de mettre fin à l'impunité.

Une résolution en ce sens, soutenue par l'Union européenne et le Japon, a été adoptée par 30 voix pour, 6 voix contre et 11 abstentions.

La Chine, alliée historique de Pyongyang, ainsi que le Venezuela, entre autres, ont également apporté leur soutien à la Corée du Nord (qui n'est pas un des 47 membres du Conseil et n'a pas donc pu voter).

"Cette résolution est le produit d'une confrontation, de mauvais esprits", a affirmé le représentant nord-coréen, Se Pyong So, assurant par ailleurs que "les Etats-Unis n'avaient jamais reconnu la souveraineté" de son pays.

"Le Japon reste profondément préoccupés par la persistance des violations flagrantes, systématiques et généralisées des droits de l'Homme" en Corée du Nord, a déclaré pour sa part le représentant japonais auprès de l'ONU à Genève, Takashi Okada.

"La résolution énumère les crimes contre l'humanité identifiés par la commission d'enquête et souligne la nécessité de s'assurer qu'il n'y ait pas d'impunité pour ces crimes", a souligné pour sa part le représentant grec, s'exprimant au nom de l'UE, Alexandros Alexandris.

La résolution recommande par ailleurs à l'Assemblée générale de l'ONU d'appeler le Conseil de sécurité à se saisir de la question en vue de prendre les actions appropriées pour que les responsables des violations des droits de l'Homme soient jugés.

La commission d'enquête de l'ONU a appelé à plusieurs reprises la saisine de Cour pénale internationale (CPI) par le Conseil de sécurité, seul organe habilité à le faire.

Mais même s'il était saisi, le Conseil de sécurité se verrait paralysé par le droit de veto chinois, étant donné que la Chine refuse de faire appel à la CPI.

Les conclusions de la commission ont été publiées fin février. Pour la première fois, des juristes mandatés par l'ONU ont établi un réquisitoire accablant et argumenté contre le régime nord-coréen, l'accusant de crimes contre l'humanité à grande échelle.

Les trois experts de la commission n'ont pu se rendre en Corée du Nord, en dépit de leur demande, et ont interrogé dans de nombreux pays des fugitifs et des témoins.

La commission estime que "des centaines de milliers de prisonniers politiques ont péri dans des camps pendant les 50 dernières années". Elle estime que "80.000 à 120.000 prisonniers politiques sont actuellement détenus dans quatre grands camps".

Elle estime en outre "à plus de 200.000, y compris des enfants" le nombre de disparitions, qu'il s'agisse de Sud-coréens partis au nord, de personnes d'origine coréenne venue du Japon mais aussi des Japonais et des Chinois.

L'ensemble de "ces crimes découlent de politiques établies au plus haut niveau de l'Etat", souligné M. Kirby, pour qui le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un a "une grande part de responsabilité".

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