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28/03/2014 12:46 EDT | Actualisé 28/05/2014 05:12 EDT

Centrafrique: Sangaris, seul rempart de protection pour les musulmans (ONU)

Les forces de l'opération française Sangaris en Centrafrique sont le seul rempart de protection dont bénéficient les musulmans face aux violences, a averti vendredi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

A Boda, à 190 km à l'ouest de Bangui, "vous avez une communauté musulmane, dont les membres sont en majorité bloqués, et un no man's land entre le quartier musulman et la communauté chrétienne", a déclaré à Genève un haut responsable du HCR, Volker Turk, de retour d'une mission en Centrafrique. "Sans les Sangaris, il y aurait un massacre. Sans les Sangaris, la communauté musulmane n'existerait plus", a-t-il assuré au cours d'une conférence de presse.

"La situation est similaire --et elle s'est détériorée ces derniers jours-- à Bangui", la capitale du pays, a-t-il souligné.

Près de 2.000 soldats français sont déployés au sein de la force Sangaris en Centrafrique, où il agissent "en soutien" des 6.000 hommes de la force africaine, la Misca, pour rétablir un minimum de stabilité. L'opération Sangaris a été lancée le 5 décembre après un vote de l'ONU donnant mandat aux forces françaises pour intervenir.

La Centrafrique s'est enfoncée dans un cycle de tueries interreligieuses après des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants, majoritairement musulmans, de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.

En réaction, des milices d'autodéfense "anti-balaka" (anti-machette), à dominante chrétienne, se sont formées. Très rapidement, elles ont attaqué sans distinction anciens rebelles et civils musulmans, à Bangui notamment.

"Les anti-balaka sont de plus en plus militarisés", a relevé M. Turk, soulignant que les populations musulmanes installées à Bangui et dans l'ouest de la Centrafrique étaient de plus en plus menacées.

L'ancienne colonie française, livrée au chaos depuis un an, traverse une crise humanitaire sans précédent et les violences ont fait près d'un million de déplacés et réfugiés, en majorité musulmans, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants, selon l'ONU.

Pour M. Turk, le nouveau gouvernement en place depuis janvier "est totalement submergé" et seule la communauté internationale peut mettre fin à cette crise.

L'ONU prévoit de déployer d'ici à la mi-septembre 12.000 soldats et policiers en Centrafrique. Ils prendraient le relais de Misca et des soldats français.

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