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27/03/2014 09:59 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Soudan: les attaques au Darfour sapent les efforts de paix (Minuad)

Les attaques contre les villages du Darfour, qui seraient l'oeuvre d'une force paramilitaire pro-gouvernementale, sapent les efforts pour faire cesser les violences dans cette région de l'ouest du Soudan, a affirmé le chef de la mission ONU-Union africaine (Minuad).

Le conseiller du président Omar el-Béchir, Ibrahim Ghandour, a cependant démenti que des forces liées au gouvernement soient liées à ces violences.

"Les attaques continues contre les villages et les camps de déplacés, qui seraient menées par les 'Rapid Support Forces' (RSF), représentent une tâche hideuse sur nos efforts de dialogue", a indiqué Mohamed Ibn Chambas, cité dans un communiqué de la Minuad diffusé mercredi soir.

Selon Magdi el-Gizouli, de l'institut de recherches Rift Valley Institute, ces "Rapid Support Forces sont presque comme une armée de mercenaires" et sont formés de 6.000 hommes.

Cette milice était retournée au Darfour cette année après avoir soutenu les opérations des forces gouvernementales contre les rebelles dans la région du Kordofan-Sud. Depuis, les Etats du Darfour-Sud et Nord sont la cible d'attaques.

Selon M. Ibn Chambas, 200.000 civils au Darfour ont été déplacés essentiellement à cause des violences de ces forces paramilitaires durant le mois écoulé. "Les violences doivent cesser quel qu'en soit le responsable", a-t-il dit.

Le chef de la Minuad a également appelé les rebelles anti-gouvernementaux, eux aussi responsables de plusieurs attaques, à cesser les violences. "Ils se sont avérés incapables de défaire les forces armées soudanaises, et ne font qu'augmenter les souffrances du peuple du Darfour".

S'agissant des accusations de M. Ibn Chambas sur les RSF, M. Ghandour a déclaré à l'AFP: "Ce ne sont que des bêtises. Ce n'est pas vrai".

Il a affirmé que les RSF étaient une composante des Forces armées soudanaises (SAF) et qu'elles défendaient les villages attaqués par les rebelles au Darfour-Nord. "Leur rôle principal est d'empêcher les mouvements de la rébellion de capturer d'importantes villes au Darfour".

En juillet 2001, le gouvernement de Khartoum et une alliance de petits mouvements rebelles du Darfour ont signé un accord de paix auquel les principaux mouvements rebelles avaient refusé de souscrire.

Le conflit au Darfour a éclaté en 2003 entre milices pro-gouvernementales et rebelles réclamant la fin de la "marginalisation économique" de leur région et un partage du pouvoir avec le gouvernement de Khartoum.

Outre le conflit entre rebelles et pouvoir, le Darfour est devenu depuis quelques années le théâtre de combats sanglants entre tribus arabes, que le gouvernement n'a plus les moyens de contrôler, se disputant la terre, l'eau et les droits miniers.

La Minuad, créée il y a six ans et forte de 19.000 soldats et policiers, est l'une des plus importantes missions de maintien de la paix dans le monde.

Mercredi, un responsable de l'ONU a déploré que les déplacements des travailleurs humanitaires étaient de plus en plus restreints au Darfour, les autorités soudanaises invoquant des raisons de sécurité.

it/feb/vl