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27/03/2014 11:27 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Présidentielle en Egypte: Washington assure ne soutenir aucun candidat

Les Etats-Unis ont assuré jeudi qu'ils ne soutenaient aucun candidat pour la prochaine élection présidentielle en Egypte, un scrutin pour lequel l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi fait figure de grand favori.

"Nous savons que le maréchal Sissi a démissionné de son poste de ministre de la Défense et qu'il a annoncé sa candidature pour la présidence. Les Etats-Unis ne soutiennent aucune partie ni aucun candidat aux élections en Egypte", a affirmé la porte-parole adjointe du département d'Etat Marie Harf, dans un courrier électronique transmis à l'AFP.

"Nous respecterons le choix du peuple égyptien de leur prochain président et c'est à lui de décider de la direction que prend son pays et de son dirigeant", a insisté la responsable, s'en tenant à la position traditionnelle de Washington de non ingérence officielle dans le processus politique chez son allié arabe.

M. Sissi, l'homme fort d'Egypte qui avait destitué le président islamiste Mohamed Morsi, a démissionné jeudi de son poste de ministre de la Défense au lendemain de l'annonce de sa candidature à la présidentielle pour laquelle il est donné grand favori.

Lors de son point de presse quotidien, Mme Harf a soigneusement évité s'immiscer son gouvernement dans le processus électoral égyptien et dans le choix des candidats offert aux Égyptiens.

"Nous voulons un scrutin libre et équitable qui permette au peuple de décider. Ce n'est pas à nous de décider qui en sera. Les gens peuvent se présenter, que le peuple décide", a lancé la porte-parole.

Le département d'Etat a aussi critiqué, pour la quatrième fois cette semaine, le "verdict choquant" contre 529 partisans du président déchu Morsi condamnés à mort pour des violences en août 2013. Le secrétaire d'Etat John Kerry a appelé mercredi Le Caire à "casser" ces condamnations.

Les Etats-Unis épinglent régulièrement le régime égyptien installé par l'armée après le renversement et l'arrestation en juillet 2013 de M. Morsi, premier président égyptien élu démocratiquement un an plus tôt.

Pour répondre à la répression depuis l'été 2013 contre les pro-Morsi, Washington avait partiellement suspendu son aide de 1,5 milliard de dollars par an au Caire, dont 1,3 milliard est de l'assistance militaire. Cette semaine, le département d'Etat a dit envisager d'en geler davantage, bien que John Kerry ait récemment évoqué une prochaine relance de toute l'assistance au Caire.

Les Etats-Unis sont dans l'embarras depuis des mois avec l'Egypte: alliés du Caire depuis 35 ans, ils n'ont jamais qualifié de coup d'Etat le renversement de M. Morsi mais doivent toutefois tancer le régime contrôlé par les militaires pour la lenteur de "la transition démocratique" et pour son mauvais bilan en matière de droits de l'homme et de libertés publiques.

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