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27/03/2014 04:38 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Portrait financier de Philippe Couillard : des questions en suspens

Les informations financières divulguées par le chef du Parti libéral du Québec ne permettent pas de faire une analyse complète de sa situation, selon les spécialistes consultés par Radio-Canada.

Après avoir demandé aux autres chefs de parti de publier leur portrait financier et celui de leur conjoint, Philippe Couillard s'est prêté à l'exercice, jeudi, en publiant sur le site du PLQ sa déclaration de revenus de 2012, son bilan financier et celui de sa conjointe au 31 décembre 2013, ainsi que les états financiers de sa compagnie Dr Philippe Couillard M.D.S.A. au 30 juin 2013.

Au 31 décembre 2013, la valeur des actifs de Philippe Couillard était de 667 160 $, tandis que les actifs de sa conjointe actuelle, Suzanne Pilote, valaient 656 963 $.

Selon sa déclaration de revenus de 2012, Philippe Couillard a payé 42 066,35 $ en impôts fédéral et provincial sur des revenus totaux de 201 952,61 $, venant majoritairement de revenus de dividendes.

Mardi, Philippe Couillard soutenait qu'il s'agissait d'un geste essentiel pour assurer la transparence, qui « sert à donner et à manifester la garantie d'intégrité. Pour les chefs de parti qui aspirent à diriger le Québec, c'est un niveau de transparence qui m'apparaît essentiel ».

Un portrait partiel, disent les experts

« Avec l'information qu'on a à notre disposition présentement, on ne peut pas porter de jugement », affirme la fiscaliste Brigitte Alepin.

« Ça ne nous donne aucune information sur les conflits d'intérêts potentiels », soutient de son côté le comptable Pierre-Yves McSween. « Ça donne une idée au public de combien les gens font par année, mais ça ne donne pas la nature des transactions qui font que ces personnes reçoivent des revenus », explique-t-il.

« Si on veut avoir de l'information précise pour savoir s'ils sont corrompus ou non, ça nous prendrait la liste des contrats, des sources de revenus, où ils ont pris leurs salaires, quels ont été leurs clients. Parce que de savoir que quelqu'un a une société privée, ça ne me dit pas qui l'a payée. Donc, par exemple, si on a des revenus de consultation, qui nous a payé ces revenus de consultation? Est-ce que c'est un organisme qui aura des contrats gouvernementaux? Alors là, oui, peut-être qu'il y aurait un conflit d'intérêts », ajoute-t-il.

Yves Godin, spécialiste en impôt des particuliers et des corporations chez Godin, Lacroix & associés, note que la déclaration de Philippe Couillard est « standard », mais qu'il n'y a aucune explication d'un gain de près de 500 000 $ sur cession de placements en 2013, ce qui « laisse un doute dans nos esprits ».

« Si on avait voulu dissiper tous les doutes, moi ce que j'aurais fait, j'aurais déposé ma déclaration de revenus d'entreprise », ajoute-t-il.