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27/03/2014 04:52 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Mavi Marmara : un accord d'indemnisation Turquie-Israël proche, confirme Davutoglu

La Turquie et Israël ont fait de "gros progrès" en vue d'un accord sur l'indemnisation par Israël des victimes turques de l'assaut israélien contre une flottille en route pour Gaza en 2010, a confirmé à l'AFP le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu.

"Le fossé qui séparait les attentes des deux parties se réduit. De gros progrès ont été accomplis, mais les deux parties doivent encore se rencontrer une fois pour parvenir à un accord final", a déclaré M. Davutoglu dans un entretien mercredi à Konya (centre).

Le vice-Premier ministre Bülent Arinç a indiqué mardi qu'un accord en bonne et due forme entre les deux pays pourrait être signé "après les élections" municipales de dimanche.

"Nous attendons une réponse de la partie israélienne" aux exigences d'Ankara, a précisé de son côté le chef de la diplomatie turque.

Les relations entre la Turquie et Israël, alliés stratégiques dans les années 1990, se sont brutalement dégradées avec l'assaut israélien contre une flottille partie d'Istanbul qui tentait de briser le blocus de Gaza.

Cette opération, le 31 mai 2010, avait coûté la vie à neuf ressortissants turcs à bord du navire amiral de cette flottille, le Mavi Marmara, affrété par l'ONG islamique turque IHH.

Les familles ont porté plainte en Turquie contre quatre responsables militaires israéliens, jugés par contumace par une cour criminelle d'Istanbul. La cinquième audience dans ce procès s'est ouverte jeudi.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a officiellement présenté des excuses en mai dernier mais la normalisation des relations entre les deux pays reste suspendue aux négociations d'indemnisation. En cours depuis plusieurs mois, ces discussions ont longtemps buté sur le montant à verser aux familles.

Selon le quotidien israélien Haaretz, l'Etat hébreu a offert une enveloppe de 20 millions de dollars pour les victimes turques.

M. Davutoglu s'est refusé à évoquer une éventuelle normalisation des relations bilatérales. "Ce qui est important, c'est de parvenir à un accord. Les mesures à prendre ensuite seront discutées après", a-t-il jugé.

Le ministre turc a toutefois évoqué la tenue de discussions avec Israël sur la levée des sanctions imposées à Gaza.

En février, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait fait savoir qu'aucun accord d'indemnisation ne serait possible sans engagement écrit de Tel Aviv sur la levée de l'embargo imposé à ce territoire palestinien.

Jeudi, dans un geste apparemment lié au dégel des relations israélo-turques, le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a approuvé l'importation à Gaza de matériaux de BTP, d'équipements électriques, de télécommunications et de plomberie destinés à la construction d'un hôpital turc dans l'enclave palestinienne, selon un communiqué militaire. M. Yaalon a ainsi répondu à une requête de la Turquie.

Le coût de ce projet de complexe hospitalier turc, qui a débuté en avril 2011 sur le site d'une ancienne colonie israélienne à Gaza, est évalué à 35 millions de dollars.

En octobre 2013, les autorités israéliennes avaient annoncé la suspension de l'autorisation d'importation de tous les matériaux de construction après la découverte d'un tunnel reliant la bande de Gaza au territoire israélien et destiné, selon l'armée israélienne, à des "activités terroristes".

Le 26 janvier dernier, Israël avait de nouveau autorisé les importations de matériaux, mais uniquement pour les projets des agences onusiennes. L'importation de ciment et de fer à destination du secteur privé est interdite depuis 2007 -à l'exception d'un bref interlude- et la prise de contrôle de l'enclave palestinienne par le mouvement islamiste Hamas, Israël affirmant craindre leur utilisation à des fins militaires.

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