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27/03/2014 12:07 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Le président kényan s'engage à réformer la police

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, s'est engagé mardi à réformer les forces de police du pays, réputées inefficaces et corrompues.

Lors d'un discours devant le Parlement, M. Kenyatta a admis "un manque inacceptable de coordination dans notre gestion du crime" et a évoqué les "frustrations et la colère de la population" qui se sont parfois transformées "en justice populaire injuste".

Bien qu'il ait affirmé que le nombre de crimes violents avait diminué de 8% l'année précédente, le président kényan a insisté sure le fait que cela était "loin d'être suffisant" et s'est engagé à déployer davantage de policiers dans les rues, et de leur octroyer de meilleurs salaires, des logements décents et une assurance médicale.

Il a ajouté que le gouvernement allait aussi équiper la police de 1.200 nouveaux véhicules et d'équipements de surveillance plus sophistiqués.

Les policiers les moins gradés sont payés à peine 160 euros par mois, somme insuffisante, selon eux, pour les dépenses de logement et d'assurances.

Les familles des policiers partagent souvent des habitations surpeuplées et vétustes.

Des sources de la société civile affirment que leurs mauvaises conditions de vie poussent régulièrement les policiers à fermer les yeux sur des délits, voire à en commettre.

Le président Kenyatta a affirmé que l'état actuel des forces était "une conséquence directe du sous-investissement des trois dernières décennies".

La réforme de la police était une des pierres angulaires de la nouvelle constitution kényane, entrée en vigueur en 2010 et initiée après que les violences ethniques qui ont suivi les élections de 2007 ont vu la police ouvrir le feu sur la population.

Les forces policières avaient été alors impliquées dans plus d'un tiers des décès, évalués à plus de 1.100.

Plus récemment, des unités de la police, particulièrement des unités antiterrorisme, ont été accusées par des ONG d'être impliquées dans la torture, la détention arbitraire et la disparition de musulmans soupçonnés d'avoir des sympathies pour des groupes islamistes.

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