NOUVELLES
27/03/2014 05:06 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

L'Assemblée générale des Nations unies condamne l'annexion de la Crimée

KIEV, Ukraine - L'Assemblée générale des Nations unies a adopté jeudi une résolution qui réaffirme l'intégrité territoriale de l'Ukraine et estime que le référendum qui a mené à l'annexion de la Crimée par la Russie était illégal.

Cent pays ont voté en faveur de la résolution, contre 11 qui s'y sont opposés et 58 qui ont choisi de s'abstenir.

Le nombre de votes favorables était plus élevé que ce qu'anticipaient plusieurs diplomates américains, et le fait que plus de la moitié des 193 États membres de l'ONU aient appuyé la résolution témoigne d'une vaste opposition internationale à l'intervention militaire de la Russie et à sa prise de contrôle de la péninsule de la mer Noire.

Contrairement aux résolutions du puissant Conseil de sécurité, celles de l'Assemblée générale ne peuvent faire l'objet d'un véto et elles ne sont pas contraignantes.

La Russie compte parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et a utilisé son droit de véto pour empêcher le conseil d'intervenir dans le dossier criméen.

Par ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI) a promis jeudi de verser une aide sous forme de prêts d'entre 14 et 18 milliards $ US au gouvernement de l'Ukraine, aux prises avec une grave crise financière.

De son côté, le premier ministre a prévenu que tous ressentiront l'impact des réformes financières nécessaires.

Le premier ministre Arseni Iatseniouk a lancé que l'Ukraine est au bord de la faillite économique et financière, en plus de révéler que le gouffre se chiffre à 25,8 milliards $ US — soit pratiquement le même montant que le budget dont dispose le gouvernement pour la prochaine année.

Le nouveau gouvernement ukrainien est coincé entre des créanciers internationaux qui exigent des réformes profondes et une population qui en a soupé de décennies de stagnation économique, de corruption et de mauvaise gestion.

Les réformes — qui incluent une hausse des impôts, un gel du salaire minimum et une augmentation des coûts de l'énergie — frapperont les ménages de plein fouet et risquent de malmener l'emprise fragile du gouvernement sur le pouvoir.

Après deux semaines de négociations tenues à Kiev, le FMI a précisé dans un communiqué de presse que le montant excat de l'aide sera déterminé lorsque le gouvernement ukrainien aura précisé ses besoins. Le communiqué laisse entendre que l'aide internationale élargie pourrait s'élever à une somme de 27 milliards $. L'Ukraine devra toutefois entreprendre, comme promis, certaines réformes structurelles.

Le FMI a prévenu que les politiques économiques adoptées récemment ont drastiquement freiné la croissance de l'Ukraine et abaissé ses réserves de devises étrangères à un niveau désastreux.

«Les déséquilibres macroéconomiques de l'Ukraine sont devenus insoutenables au cours de la dernière année», a lancé le FMI par voie de communiqué, avant d'ajouter que «des défis difficiles» attendent le pays.

Le FMI exige une rentabilisation du secteur énergétique, le maintien d'un taux de change flexible, une réduction du déficit et une lutte à la corruption. Le ministère ukrainien des Finances dit avoir besoin de 35 milliards $ US au cours des deux prochaines années, s'il doit éviter la faillite.

Les ménages ukrainiens risquent d'être parmi les premiers à écoper. Les Ukrainiens sont habitués au gaz naturel abordable, en raison des rabais consentis par Moscou et des subventions accordées par Kiev. La Russie a récemment augmenté le prix du gaz naturel qu'il exporte vers l'Ukraine et le nouveau gouvernement ne peut plus se permettre d'offrir des subventions.

Le FMI a prévenu que le prix du gaz et du chauffage devra être gonflé pour permettre d'éponger les coûts, tout en réclamant l'adoption de mesures pour protéger les plus vulnérables.