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27/03/2014 12:29 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

La justice de Géorgie propose d'interroger l'ex-président Saakachvili via Skype (parquet)

Le parquet de Géorgie a proposé d'interroger via Skype l'ex-président Mikheïl Saakachvili, qui ne s'est pas présenté jeudi à une convocation pour être interrogé comme témoin dans plusieurs enquêtes pénales, assurant qu'il n'avait pas l'intention de l'arrêter.

M. Saakachvili, qui se trouve actuellement en Ukraine, était convoqué jeudi par le parquet de cette république du Caucase pour être interrogé en tant que témoin dans une dizaine d'enquêtes, mais il ne s'est pas présenté.

Un porte-parole du parquet, Teimouraz Dolidze, a indiqué à l'AFP que M. Saakachvili pourrait être interrogé via Skype et qu'il n'aurait dès lors pas à rentrer dans son pays.

L'ex-président "a déclaré publiquement qu'il pourrait être arrêté, ce qui l'empêche de se rendre en Géorgie", a pour sa part indiqué le bureau du procureur général.

"Nous voudrions insister sur le fait que cet interrogatoire pourrait faciliter l'enquête et n'a pas pour but ultime de lancer des poursuites contre lui ou de l'arrêter", a-t-il ajouté.

L'interrogatoire est lié à dix affaires dont celle de la mort de l'ancien Premier ministre géorgien Zourab Jvania, retrouvé asphyxié à son domicile par du monoxyde de carbone en 2005.

M. Saakachvili, un réformateur pro-occidental arrivé en 2003 au pouvoir avec la révolution de la Rose, a dirigé cette ex-république soviétique pendant une décennie et a quitté son poste en novembre. Il a été remplacé par Irakli Garibachvili, un allié du milliardaire Bidzina Ivanichvili, son ennemi juré, dont le parti avait remporté les élections législatives en 2012.

Mikheïl Saakachvili a depuis quitté la Géorgie pour s'installer aux Etats-Unis.

Dans une récente interview à la télévision géorgienne, M. Saakachvili a dit que le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso l'avait averti qu'il y avait "un ordre direct (du président russe Vladimir) Poutine de le faire arrêter".

"Si Poutine pense que je vais aller (en Géorgie) et me rendre tranquillement, bien sûr c'est absurde", a-t-il déclaré.

Les Etats-Unis ont protesté contre la convocation.

"Personne n'est au-dessus des lois mais lancer de multiples enquêtes simultanées impliquant un ancien président soulève des inquiétudes légitimes sur les motivations politiques, notamment avec des institutions juridiques et judiciaires aussi fragiles", a critiqué dimanche la porte-parole du département d'Etat Marie Harf.

Le commissaire européen à l'Elargissement Stefan Füle a aussi exprimé mardi sur Twitter ses "inquiétudes" sur cette assignation à comparaître.

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