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27/03/2014 03:27 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Côte d'Ivoire: Charles Blé Goudé comparaît devant la CPI et clame son innocence

LA HAYE, Pays-Bas - Un ancien leader d'un groupe de jeunes accusé d'être impliqué dans les violences durant le conflit post-électoral en Côte d'Ivoire a clamé son innocence, jeudi, lors de sa première comparution devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Charles Blé Goudé a adopté une attitude défiante durant l'audience, brandissant le poing dans les airs, souriant et saluant les membres du public assis dans la salle. Il s'agissait de sa première comparution depuis que les autorités ivoiriennes l'ont remis à la CPI, la semaine dernière.

L'homme de 42 ans fait face à quatre accusations de crimes contre l'humanité en lien avec des meurtres, des viols et des actes de persécution survenus durant la crise de 2010-2011 en Côte d'Ivoire, qui a fait quelque 3000 morts. Il n'a pas enregistré de plaidoyer, mais a déclaré à la juge Silvia Fernandez qu'il était «injustement accusé».

Des organisations de défense des droits de la personne estiment que le groupe que dirigeait Charles Blé Goudé, les Jeunes Patriotes, a joué un rôle déterminant dans le conflit en créant un climat de terreur, notamment en érigeant des barricades et des points de contrôle où un nombre indéterminé de personnes ont été tuées.

L'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, est aussi détenu par la CPI à La Haye. Il fait face à des accusations pour son implication présumée dans les atrocités menées par ses partisans après l'élection présidentielle qu'il a perdue, en 2010.

Avant que M. Gbagbo ne soit délogé du pouvoir par la force, en avril 2011, Charles Blé Goudé a organisé plusieurs rassemblements durant lesquels il a eu recours à une rhétorique xénophobe, ce qui aurait incité ses partisans à commettre des violences. Il a été en fuite pendant près de deux ans avant d'être arrêté au Ghana l'année dernière.

Son avocat, Nick Kaufmann, a déclaré à la cour qu'il tenterait de faire libérer son client de prison en attendant de nouveaux développements dans son dossier.

La cour a fixé au 18 août la date de la prochaine audience, lors de laquelle les juges devront déterminer si les preuves soumises par les procureurs sont suffisantes pour justifier la tenue d'un procès.