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27/03/2014 12:32 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Barnier favorable à une titrisation encadrée pour financer les PME

La Commission européenne a recommandé jeudi de relancer la titrisation, une technique financière très décriée et mise en cause dans la crise des subprime aux Etats-Unis, afin de favoriser le financement des petites et moyennes entreprises.

"L'Europe a de gros besoins de financement à long terme pour assurer une croissance durable. Notre système financier doit recouvrer et renforcer sa capacité à financer l'économie réelle", a affirmé Michel Barnier, le commissaire européen en charge des Services financiers, qui a présenté jeudi une feuille de route sur l'investissement à long terme.

Il y recommande notamment de "faciliter l'accès des PME aux marchés des capitaux et à des pools d'investissement plus larges en créant un marché secondaire liquide et transparent pour les obligations de sociétés, en ravivant les marchés de la titrisation".

La titrisation consiste pour les banques à céder des créances à des investisseurs, sous forme de titres. Elle permet ainsi d'alléger leur bilan. Cette technique a été décriée lors de la crise des subprimes, où elle a été poussée à l'extrême.

Il faut toutefois tenir compte "des risques ainsi que de la nature différenciée de ce type de produits", a souligné M. Barnier, qui a balayé toute contradiction avec le travail réglementaire effectué pour tourner la page de la crise financière.

"Dès que l'on tire les leçons, qu'on a les bons outils, je pense qu'on peut encourager de manière encadrée cette titrisation", a déclaré M. Barnier, estimant qu'"une bonne titrisation sur des produits standardisés (...) peut être utile pour les PME".

"Il n'y a pas d'idéologie, la question est +y-a-t-il de la transparence+", a-t-il renchéri, assurant que la relance de la titrisation ne sera pas synonyme de nouvelle crise financière. "On ne va pas recommencer les histoires de subprime, on est averti là-dessus", a-t-il affirmé.

En début d'année, la Commission européenne a adopté un projet législatif sur la séparation des activités bancaires à risques, dernier outil censé éviter une répétition de la crise. La titrisation complexe est visée par ce projet législatif qui ne devrait concerner qu'une trentaine de grandes banques européennes.

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