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27/03/2014 09:10 EDT | Actualisé 27/05/2014 05:12 EDT

Algérie: Barakat à nouveau dans la rue contre le pouvoir

Plusieurs dizaines de manifestants du mouvement Barakat (Ça suffit) ont investi mercredi les abords de la faculté d'Alger, dans le centre, pour protester à nouveau contre "le système" en place depuis 52 ans d'indépendance, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants, en majorité des jeunes, scandaient "Le peuple veut changer le système", "Non au 4e mandat" du président-candidat Abdelaziz Bouteflika, "Barakat la corruption", ou encore "Le FLN au musée", en référence à l'historique Front de Libération Nationale, qui domine la vie politique.

Samih, 22 ans, étudiant, manifeste car il en a assez de "vivre selon le bon vouloir des autorités", a-t-il expliqué à l'AFP. "On veut vivre comme on veut et être maître de notre avenir, car le temps est venu pour les jeunes de participer à la gestion du pays".

Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, 15 ans de pouvoir et une santé fragilisée par un AVC il y a près d'un an, est la cible de nombre de manifestations à travers le pays depuis que sa candidature à un 4e mandat a été annoncée, le 22 février.

Autour de l'université, les manifestants distribuaient des tracts reprenant des formulaires qui circulent sur Facebook,: "Je, soussigné... affirme n'avoir jamais rencontré de membre du gouvernement et n'avoir jamais demandé ni insisté auprès de qui que ce soit pour que vous vous présentiez à un 4e mandat. Sur ce, je vous demande de vous retirer de cette mascarade politique".

Une façon de répondre à l'affirmation de M. Bouteflika qui a expliqué se représenter à la demande de ses compatriotes. "Il me coûterait de rester sourd à vos appels. Aussi, ai-je décidé pour ne point vous décevoir et de me porter candidat...", déclarait-il notamment dans un communiqué.

Face à des dizaines de policiers en civil et en uniformes, non armés, qui repoussaient les manifestants sur les trottoirs pour les empêcher de bloquer la route, l'écrivain et journaliste Mostafa Benfodil, affirme que le "combat" continuera "même après l'élection".

Hamlaoui Akouchi, ancien secrétaire général du parti El-Islah (la réforme), la soixantaine, est présent dans le cortège "à titre personnel". "J'ai honte de rester chez moi pendant que les jeunes manifestent".

Barakat avait déjà protesté lundi pour l'indépendance de la radio-télévision publique devant son siège, jugeant qu'elle était un instrument de campagne de M. Bouteflika.

Les membres de ce mouvement, qui se déclare citoyen et non politique, s'expriment en différents endroits, toutes les semaines, par petits groupes, contre le pouvoir.

ad-bur/cbo