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26/03/2014 12:16 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Ukraine: Obama réaffirme sa solidarité avec les Européens mais les appelle à l'effort

Barack Obama a réaffirmé mercredi la solidité du lien entre les Etats-Unis et l'Europe face au défi lancé par la Russie en Ukraine, mais appelé les Européens à ne pas baisser la garde.

"Le monde est plus sûr et plus juste quand l'Europe et les Etats-Unis sont solidaires", a affirmé M. Obama à l'issue d'un sommet d'une heure et demie entre l'UE et les Etats-Unis, le premier à Bruxelles depuis son arrivée à la Maison Blanche.

"L"Europe, notamment l'Union européenne, est la pierre angulaire de notre engagement dans le monde", a-t-il insisté en assurant que la Russie était "seule" après son intervention en Crimée. Il a assuré que Moscou avait fait un "mauvais calcul" en pensant "enfoncer un coin entre l'Union européenne et les Etats-Unis".

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a affirmé que "l'annexion illégale de la Crimée" par la Russie était une "une honte" et "nous ne la reconnaîtrons pas".

Il a confirmé qu'en cas de nouvelle "escalade", "Européens et Américains étaient prêts à intensifier" leurs sanctions. Lors de leur réunion extraordinaire à La Haye, les pays du G7 ont prévenu Moscou que de nouvelles sanctions s'attaqueraient à l'économie, de l'énergie à la finance en passant par les ventes d'armes et le commerce.

Parachevant la prise de contrôle de la Crimée par Moscou, des drapeaux russes ont été hissés sur toutes les unités militaires de la péninsule mercredi matin.

Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut de la Russie pourrait chuter cette année de 1,8%, et la fuite des capitaux atteindre jusqu'à 150 milliards de dollars si la crise en Ukraine s'aggravait.

Mais Barack Obama a aussi appelé les Européens à prendre leurs responsabilités, en se disant "préoccupé" par la baisse des dépenses militaires de certains pays de l'Otan. "La situation en Ukraine nous rappelle que la liberté a un prix", a-t-il lancé.

- Obama rejette les critiques -

Il rencontrait dans l'après-midi le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avant un discours sur la relation transatlantique.

Le président américain a aussi estimé que la crise ukrainienne démontrait "la nécessité pour l'Europe de diversifier ses sources d'énergie", alors qu'elle est toujours très dépendante des importations de gaz russe.

Au moment où Américains et Européens serrent les rangs face à la Russie, le sommet a aussi été l'occasion de confirmer leur engagement à avancer dans leurs négociations pour un vaste accord de libre-échange transatlantique (TTIP).

Barack Obama a rejeté les critiques adressées à cet accord avant même sa conclusion, et assuré qu'il ne permettrait pas que la protection de l'environnement et des consommateurs soit affaiblie.

"J'ai bataillé pendant toute ma carrière politique, et en tant que président, pour renforcer la protection des consommateurs. Je n'ai pas l'intention de signer un accord qui l'affaiblirait" ou qui "affaiblirait les normes environnementales", a-t-il assuré.

Alors que la confiance entre l'UE et les Etats-Unis a été mise en mal ces derniers mois par l'affaire d'espionnage massif par les Américains, M. Obama vient de confirmer son engagement à réformer la collecte des données téléphoniques, en rognant sur les pouvoirs de la puissante NSA.

L'annonce a été saluée par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Mais la commissaire en charge de ces questions, Viviane Reding, a de nouveau demandé aux Etats-Unis d'accepter les règles européennes en matière de protection des données personnelles.

Mercredi matin, le président Obama s'est rendu à Waregem, en Flandre (nord), pour une cérémonie en présence du roi des Belges, Philippe, et du Premier ministre, Elio Di Rupo, dans le seul cimetière militaire américain de la Première guerre mondiale en Belgique, dont on célèbre cette année le centième anniversaire.

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