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26/03/2014 10:09 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Soudan: l'ONU dénonce les restrictions imposées aux humanitaires au Darfour

Les déplacements des travailleurs humanitaires sont de plus en plus restreints au Darfour, une région de l'ouest du Soudan en guerre depuis 11 ans, et le nombre de déplacés ne cesse d'augmenter, a dénoncé mercredi un responsable de l'ONU.

"Actuellement, nous recevons chaque jour des informations sur de nouvelles populations déplacées dans le Darfour-Nord", a expliqué à l'AFP ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

"A chaque fois que nous recevons ces informations, nous demandons à pouvoir accéder aux populations. Presque chaque fois, nous n'obtenons pas l'autorisation", ce qui revient à confiner les travailleurs humanitaires à El-Facher, chef-lieu de la région, a dénoncé le responsable.

Les autorités soudanaises ont expliqué que ces restrictions étaient nécessaires pour la sécurité des travailleurs humanitaires, et évoquent les mêmes raisons pour contrôler les déplacements des journalistes étrangers au Darfour.

Selon l'ONU, le nombre de personnes chassées de leur foyer par les violences de cette année au Darfour est estimé à 215.000, pour la plupart au Darfour-Nord, alors que les camps de déplacés de la région accueillent déjà quelque deux millions de personnes.

Mais il ne s'agit que d'une estimation, "nous ne pouvons pas les atteindre pour déterminer l'aide dont ils ont besoin et fournir cette aide", a insisté le responsable.

Les seules zones où les travailleurs humanitaires ont un "accès limité" se trouvent principalement autour de Nyala, chef-lieu du Darfour-Sud, a-t-il précisé.

"Aucun gouvernement ne ferait obstruction à l'aide humanitaire", a cependant assuré Ali Adam, directeur général de la Commission soudanaise d'aide humanitaire, lors de la visite d'une délégation de l'ONU la semaine dernière.

En 2013, un regain de violences avait poussé 380.000 personnes à fuir leur foyer au Darfour, plus que n'importe quelle année depuis 2004, selon l'ONU.

Selon des sources locales, des milices arabes anciennement alliées du gouvernement soudanais, qui n'a plus les moyens de les contrôler, sont soupçonnées d'avoir pillé et incendié des villages et même un camp de déplacés. Ailleurs, ce sont des rebelles, engagés depuis 2013 contre Khartoum et ses alliés, qui ont pris ces dernières semaines le contrôle de plusieurs zones.

it/fcc/feb