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26/03/2014 10:53 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Projet de révision constitutionnelle en RDC: l'UNC dénonce un "coup d'Etat"

L'Union pour la nation congolaise (UNC) a dénoncé mardi comme un "coup d'Etat constitutionnel" la volonté affichée par la majorité au pouvoir à Kinshasa de tenir les élections des députés provinciaux au suffrage indirect plutôt que direct.

"Tout le monde rejette le suffrage indirect, on va confisquer la souveraineté du peuple", a déclaré à l'AFP Vital Kamerhe, président de ce parti d'opposition, "nous allons dénoncer ce coup d'Etat constitutionnel".

Le projet de la majorité impose de modifier l'article 197 de la Constitution congolaise.

M. Kamerhe estime que cela servira de prétexte à une révision constitutionnelle plus large destinée à permettre au président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, de se maintenir au pouvoir au-delà de 2016, ce qui lui est aujourd'hui interdit.

Les Congolais "ont déjà connu une première faute lorsque la majorité a révisé de façon cavalière la Constitution en 2010", dit-il. Cette manoeuvre allait faciliter la réélection de M. Kabila quelques mois plus tard en ramenant la présidentielle de deux tours à un.

M. Kamerhe craint que la majorité ne cherche cette fois-ci à faire en sorte que le président soit élu au scrutin indirect par le Parlement et non plus au suffrage universel direct.

Ainsi, "nous aurons pratiquement [...] une nouvelle république" et l'on pourra dire que "les compteurs sont remis à zéro" en ce qui concerne les mandats présidentiels, aujourd'hui limités à deux, redoute-t-il.

Au pouvoir depuis 2001, M. Kabila a été reconduit à la tête de l'Etat pour un nouveau mandat de cinq ans en novembre 2011 à l'issue d'un scrutin à la régularité contestée par l'opposition et la communauté internationale.

La Majorité présidentielle (MP) a indiqué vendredi qu'elle envisageait "sérieusement" un référendum pour modifier la Constitution pour changer le mode de scrutin des provinciales censées avoir lieu en 2015, tout en niant la moindre volonté de "comploter [...] contre la Constitution".

Dénonçant le "flou artistique" de ces déclarations , M. Kamerhe se demande "si l'on parle de la Constitution d'après référendum et modification du mode de scrutin ou de la constitution actuelle".

Ex-meilleur allié de M. Kabila, M. Kamerhe est aujourd'hui un de ses opposants les plus actifs. Il est arrivé troisième à la présidentielle de 2011 avec moins de 8% des voix, et l'UNC est la troisième force de l'opposition au Parlement.

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