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26/03/2014 10:12 EDT | Actualisé 26/05/2014 05:12 EDT

Menace de récession en Russie

La crise politique en Ukraine et les sanctions internationales imposées en Russie pourraient provoquer une récession dans le pays de Vladimir Poutine, estime la Banque mondiale.

Elle croit qu'une décroissance de 1,8 % pourrait toucher la Russie en 2014 si la crise politique ne se résolvait pas. En  2015, ce recul du Produit intérieur brut (PIB) pourrait grimper à 2,1 %, selon l'organisme. De plus, la fuite des capitaux pourrait engendrer des pertes de 150 milliards de dollars.

Au mieux, si la crise ukrainienne n'avait qu'un « impact limité », le PIB pourrait se contracter de 1,1 % en 2014. 

« Si le conflit Russie-Ukraine s'aggrave, des incertitudes pourraient apparaître au sujet des sanctions de l'Occident et de la réponse de la Russie à celles-ci », a indiqué la Banque mondiale dans un rapport.

« Cela pourrait détériorer encore la confiance des entrepreneurs et des consommateurs et accroître la volatilité du marché, affaiblissant les perspectives pour la consommation domestique et la croissance », a-t-elle poursuivi.

Fuite des capitaux

La Banque mondiale n'est pas la première a évoquer la possibilité qu'il y ait une récession en Russie. Il y a quelques jours, German Gref, le directeur de la banque Sberbank, la première banque en importance de la Russie, a dit que la crise avait des effets négatifs sur l'économie. Il a ajouté qu'une menace de récession planait sur le pays.

M. Gref a en outre rapporté que 35 milliards avaient été retirés du pays dans les deux premiers mois de l'année.

Le vice-ministre russie de l'Économie Andreï Klepatch a indiqué que cette fuite des capitaux s'était accentuée en mars, pour totaliser 65 à 70 milliards. Selon lui, la crise en Ukraine et le refroidissement des relations avec l'Occident ont causé ce ralentissement. 

Vendredi dernier, les agences d'évaluation Standard & Poor's et Fitch ont toutes les deux abaissé de « stable » à « négative » les perspectives de la note de solvabilité en Russie.

Lors d'une réunion extraordinaire à La Haye, le président américain Barack Obama et ses homologues européens du G7 se sont engagés à sanctionner davantage la Russie si elle ne reculait pas devant son projet d'annexion de la Crimée à la Russie. Ils prévoient en effet imposer des sanctions dans le domaine du commerce, de l'énergie, de la finance et de la vente d'arme.

Une économie déjà mal en point

L'économie de la Russie avait déjà été fragilisée depuis que la Réserve fédérale des États-Unis avait diminué ses injections de liquidités en mai 2013. Les investisseurs avaient retiré leurs capitaux des pays émergents, comme la Turquie, l'Inde et la Russie.

« Le rouble est la monnaie qui s'est dépréciée le plus violemment avec le peso argentin », a analysé Neil Shearing, de Capital Economics, en entrevue avec Le Monde. Le PIB russe n'avait d'ailleurs cru que de 1,3 % en 2013.